Charleroi : La Sambrienne et la Régie des Quartiers, acteurs de la réinsertion socio-professionnelle

Charleroi : La Sambrienne et la Régie des Quartiers, acteurs de la réinsertion socio-professionnelle
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Charleroi : La Sambrienne et la Régie des Quartiers, acteurs de la réinsertion socio-professionnelle - © Tous droits réservés

Jérémy Notte a 29 ans. Son parcours, il le définit comme un yoyo. Comme il le dit, il n'a jamais vraiment été intéressé par quelques choses. Aujourd'hui, il est en stage : "j'ai choisi cette formation pour me remettre dans le bain du travail, ce qui veut dire me lever le matin, aller travailler et acquérir un peu de confiance, acquérir de l'expérience". Avec Michel, Jean-Luc ou encore Jean, Jérémy a donc postulé, a passé un entretien de motivation afin d'intégrer les stages d'"agent polyvalent du bâtiment et gestion des espaces verts". Des formations organisées conjointement par la société de logements sociaux "La Sambrienne" et la Régie des Quartiers de Charleroi. 

Pour être accepté dans ces stages, il faut être demandeur d'emploi, avoir 18 ans et habiter le Grand Charleroi. Les formations, d'une durée de 3 à 12 mois, ne sont pas qualifiantes. Au terme de l'apprentissage, pas de diplôme. Ces stages se veulent un accompagnement vers des formations plus professionnelles et la construction d'une suite, d'un avenir, par les stagiaires eux-mêmes. Ici, ils apprennent des techniques de bases, suivent des cours théoriques en lien avec la pratique. Ils sont couverts par un contrat du Forem et bénéficient d'une intervention dans les éventuels frais de transport, de garderie et de crèche.

Ouvrier-compagnon, un nom bien porté

Les stagiaires, au nombre de 7 maximum par cession, sont encadrés par un ouvrier-compagnon. Son rôle est évidemment de transmettre ses connaissances pratiques mais il va bien plus loin. Ludovic accompagne actuellement Jérémy et ses collègues stagiaires. "On essaie de les réinsérer dans le monde du travail, leur redonner l'habitude de se lever le matin, on leur confie la gestion de petits chantiers. On essaie de les aider à retrouver la motivation. On les accompagne aussi dans des aspects sociaux. Sur chantiers, on essaie de voir avec eux ce qui leur plaît vraiment afin de les orienter plus tard vers des formations plus qualifiantes. On travaille aussi avec des médiateurs sociaux qui les aident pour les questions sociales, les démarches administratives".

Un partenariat win-win

La Sambrienne compte 9337 logements sociaux. Régulièrement, il faut procéder au rafraîchissement de certains d'entre eux. Ces habitations inoccupées qui nécessitent des rénovations sont alors confiées à la Régie des Quartiers qui y organisent ses stages. Cela permet aux stagiaires d'apprendre leur métier sur de vrais chantiers, dans des conditions réelles. Actuellement quatre logements sont en cours de rénovation : un à la cour Dejean, trois autres Rue Ferrer. L'an dernier se sont 12 appartements qui ont pu être attribués à des candidats locataires. 

Mais la participation des stagiaires ne s'arrête pas là. En 2018, ils ont participé à la rénovation des espaces communs de trois quartiers et sont intervenus près de 250 fois pour des travaux de gestion des espaces verts qui jouxtent les parcs immobiliers de la Sambrienne. 

Du côté de la Régie des Quartiers, on souhaite que les stagiaires participent activement à l'entretien et l'amélioration du cadre de vie. Parmi eux, certains bénéficient d'un logement social de la Sambrienne. Leur implication dans la vie quotidienne des Quartiers est un leitmotiv. "Il y a la rénovation des logements, l'entretien des espaces verts, les volets vraiment techniques,  explique Sylvie Lambillion, directrice de la Régie des Quartiers, mais aussi dans la mise en place d'événements communs dans les quartiers : fêtes des voisins, chasses aux oeufs, Saint-Nicolas, actions "cité propre"... des activités au cours desquelles nous essayons d'impliquer tous les habitants. C'est un partenariat qui est vraiment multidimensionnel et qui intègre pleinement la participation et l'implication des stagiaires".

 

Après le stage...

"Ce stage me permet de faire des choses que je n'avais jamais faites, d'apprendre et de me rendre compte que finalement, je ne suis pas si mal, je me débrouille même plutôt bien", conclut Jérémy. 

Son avenir ne sera pourtant pas dans l'entretien ou la rénovation de bâtiment. S'il profite de cette expérience pour reprendre confiance en lui, il a aussi pris conscience, en discutant avec les assistantes sociales et l'encadrement du stage, de ce qu'il voulait vraiment. Dans quelques mois, Jérémy reprendra les cours de promotion sociale pendant trois ans afin d'obtenir un diplôme en mécanique. 

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