Charleroi: l'ICDI en a marre des automobilistes énervés

Illustration
Illustration - © rtbf.be

Ce jeudi matin, c'était jour de collecte des déchets dans le centre-ville de Charleroi. Certains d'entre vous ont peut-être été coincés derrière le camion de l'ICDI, l’Intercommunale de Collecte et de Destruction des Immondices. Et, peut-être, vous êtes-vous énervé au risque de mettre en danger la vie des ramasseurs de poubelles.

Les éboueurs sont en effet de plus en plus souvent victimes de chauffeurs peu respectueux du travail qu'ils effectuent. Lundi dernier, un jeune jobiste a du sauter dans la benne du camion pour éviter de se faire emboutir par une automobiliste. Celle-ci a percuté l'arrière du camion. Les hommes de l'ICDI sont de plus en plus souvent confrontés à un manque total de respect et, avec la rentrée scolaire, cela risque d'être pire.

Chauffeur à l'ICDI depuis cinq ans, Fabrice Gomi est relativement à l'abri d'un accident et doit surtout être vigilant. Dans son rétroviseur, il surveille sans cesse le trafic afin d'éviter une catastrophe à ses collègues.

Gérald Lisman fait, lui, partie de ceux qui ramassent les sacs sur les trottoirs. Et il est directement exposé aux chauffards : " Les automobilistes sont pressés et déboîtent de partout. Ils ne regardent même pas si on traverse. Pourtant on est bien signalé et le camion est équipé de gyrophares mais c’est comme si rien n’existait. C’est dangereux. "

Dans la région de Mons, il y a quelques semaines, un éboueur a ainsi perdu ses deux jambes.

En plus d’être dangereux, certains automobilistes n'hésitent pas à se montrer grossiers envers le personnel de l'Intercommunale de Collecte et de Destruction des Immondices de Charleroi.

Pour Françoise Lardenoey, responsable de la communication à l'ICDI : " C’est une question de civisme. Lorsqu’on circule derrière un véhicule de collecte, on ne doit jamais oublier que celui-ci est entouré d’hommes qui aimeraient travailler sans le stress supplémentaire engendré par l’énervement des automobilistes. "

Eviter les collectes en heures de pointe

Pour éviter l’énervement des heures de grande affluence automobile, les horaires des collectes de l’ICDI ont déjà été adaptés. Mais il est quasi impossible de faire autrement si l'on veut garder la ville propre.

Françoise Lardenoey confirme : " Décaler les collectes la nuit partout dans la zone ICDI n’est pas une bonne soluition. Dans le centre de Charleroi, il y a des efforts qui ont été faits dans le cadre de l’amélioration des collectes. On passe plus tôt ou en dehors du créneau horaire où le centre-ville est très fréquenté notamment par les personnes qui conduisent les enfants à l’école. Le problème vient surtout de l’incivisme et de l’impatience de certains automobilistes qui doivent apprendre à partager la route avec d’autres qui travaillent. Vivre ensemble c’est aussi faire des concessions et attendre quelques instants pour qu’une personne ne soit pas amputée des deux jambes ou en incapacité de travail toute sa vie. Je pense que ça vaut la peine d’y réfléchir. "

Sonia Boulanger, Daniel Barbieux

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK