Charleroi : l'expropriation des colonnades recalée par la justice

Les colonnades, en arrière-plan, devraient être démolies dans le cadre du projet de centre commercial Rive Gauche
Les colonnades, en arrière-plan, devraient être démolies dans le cadre du projet de centre commercial Rive Gauche - © rtbf.be - Daniel Barbieux

Le dossier des colonnades du boulevard Tirou reste une épine dans le pied des autorités carolos. Un jugement vient en effet de donner raison sur toute la ligne aux propriétaires qui refusaient de se faire exproprier par le projet Rive Gauche. Le juge de paix a des commentaires très critiques pour la Ville dont il met en doute la bonne foi.

C'est un sacré coup de théâtre qui vient de se jouer dans le dossier des colonnades du boulevard Tirou à Charleroi. La justice a donné raison aux propriétaires des commerces et cellules des colonnades contre la Ville qui avait introduit une procédure en extrême urgence afin de les exproprier. Le but final est de raser ce bâtiment pour laisser place au futur centre commercial Rive Gauche.

Non seulement le juge de paix vient de donner raison aux résistants mais, en plus, il a émis de lourdes critiques envers la Ville. Les autorités carolos avaient ainsi, notamment, invoqué l'état de délabrement dans lequel se trouvent les colonnades afin d’en réclamer l'expropriation. Cet argument a été balayé par le juge de paix qui estime que l’état de délabrement est dû à la Ville.

Selon Jean-Claude Derzelle, l’avocat de plusieurs propriétaires, le juge de paix aurait déclaré que "S’il y a un chancre, c’est la Ville qui en est responsable. C’est elle qui a laissé des immeubles abandonnés qui ont été acquis par le promoteur qui les a laissé vides. Ca a découragé les propriétaires et il y a eu une désertification du quartier du fait de la Ville. Selon le juge de paix, la Ville a même fait de la spéculation pour faire descendre la valeur des biens. Et cela laisse planer des doutes sur la bonne foi de la ville de Charleroi." La notion d'urgence invoquée par la Ville pour aller plus vite dans les expropriations a également été rejetée. Puisque cela fait des années que les colonnades sont en voie de délabrement et que la situation est connue.

De son côté, les autorités avaient justifié les lenteurs du dossier par les nombreux recours introduits par les riverains.

La Ville a déjà confirmé qu'elle ferait appel de ce jugement.

Christine Borowiak, Daniel Barbieux

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