Charleroi: des entrepreneurs se plaignent de triche sur des marchés publics de l'ISPPC

Hôpital Marie Curie
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Des perquisitions ont été menées fin de semaine dernière à l'ISPPC, l'Intercommunale de Santé Publique du Pays de Charleroi. Cette fois, c'est l'Office Central de la Répression de la Corruption, l'OCRC, qui était à la manoeuvre.

Dans le collimateur: les marchés publics dans le cadre de rénovation de bâtiments de l'ISPPC et de la construction de l'hôpital Marie Curie. Nous avons eu vent d'au moins deux entrepreneurs qui se sont plaints de passe-droits. Ils ne souhaitent pas donner d'interviews ni même donner leur nom car ils craignent les représailles, mais nous les avons eu longuement au bout du fil.

Le premier est actif dans le secteur de la construction. Il a soumissionné en son temps avec un consortium d'entreprises pour la construction de l'hôpital Marie Curie. "Il a vite compris qu'il n'avait aucune chance quand il a vu que dans le groupe concurrent se trouvaient des 'amis' de la majorité politique en place à Charleroi". Des amis qui étrangement, selon lui, remportaient régulièrement les marchés publics de l'ISPPC. Ce très gros entrepreneur faisait remarquer que le diable est dans les détails. Pour la construction de Marie Curie, il y aurait eu de nombreux ajouts aux contrats de base, si bien que le budget total aurait dépassé de 30% ce qui était prévu.

Le deuxième entrepreneur, lui, n'a pas hésité à se plaindre à la direction de l'ISPPC

Dans un courrier de 2014, que nous avons pu obtenir, un deuxième entrepreneur évoque des malfaçons dans un marché public. "Ce qui est inadmissible, écrit-il, c'est que l'entreprise sélectionnée, toujours la même, choisit son installateur, et comme par hasard, c'est là aussi toujours le même qui est choisi !". Des noms que l'on retrouve aussi pour la construction de l'hôpital Marie Curie."Les dés sont totalement pipés avant même l'attribution du marché ajoute-t-il, et on fait perdre beaucoup de temps et d'argent à des sociétés qui tentent de se battre face à des choses de ce type". Ce patron expliquera n'avoir jamais eu de réponse officielle à son courrier. Mais depuis affirme-t-il, il a été écarté de plusieurs autres marchés. D'où son souhait de rester anonyme pour le bien de son entreprise.

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