Charleroi: accusés d'avoir tiré sur deux hommes en séjour illégal

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Illustration - © rtbf.be

Le tribunal correctionnel de Charleroi a terminé ce lundi l'examen d'un dossier de coups et blessures volontaires avec préméditation impliquant trois jeunes hommes. Le parquet, qui réclame des peines de 3 à 5 ans de prison, parle d'une expédition punitive visant à chasser des locataires en séjour illégal qui squattaient le studio d'un des prévenus, à Bouffioulx (Châtelet).

Le 11 mars 2012, sept coups de feu étaient tirés dans un studio de Bouffioulx. Deux hommes en séjour illégal avaient été blessés aux membres inférieurs et transportés en milieu hospitalier. Au terme de l'enquête, le parquet a décidé de poursuivre trois jeunes pour coups et blessures volontaires avec préméditation et violation de domicile devant le tribunal correctionnel de Charleroi: Karani T., le propriétaire du studio, Najim A. qui reconnaît être l'auteur des tirs, et enfin un boxeur professionnel qui accompagnait les deux premiers. Selon la substitute Dutrifoy, Karani T. avait bel et bien décidé de mener une expédition punitive contre les étrangers en séjour illégal qui sous-louaient son studio.

Le ministère public relève que Karani a déjà été condamné en 2009 pour avoir fait la chasse aux dealers en séjour illégal, en les rossant et en les emmenant à l'autre bout de la ville à bord de sa camionnette. Au terme de son réquisitoire, la magistrate a requis des peines de cinq ans pour le propriétaire et le tireur, et de trois ans pour le boxeur, dont le rôle fut limité.

Pour Me Donatangelo, conseil de l'une des victimes, la préméditation ne fait aucun doute. "Ils ont voulu jouer au juge de paix en expulsant des locataires. Mais en réalité, ce qu'ils ont fait, c'est vider un chargeur sur les victimes".

Me Lauvaux, conseil de Karani, a sollicité un sursis pour ce qui excède la détention préventive. L'avocat a rejeté la préméditation, rappelant que, ce soir- là, les prévenus avaient prévu de sortir et qu'ils étaient d'ailleurs vêtus de tenues de soirée.

Enfin, Me Rutigliani a sollicité l'acquittement du boxeur. Si celui-ci s'était muni d'un pied-de-biche, il n'en a pas fait usage, comme le déclarent les victimes. Et même s'il a cédé l'arme quelques jours plus tôt à Najim A., il ne pouvait savoir qu'il l'utiliserait le soir des faits. Jugement le 12 janvier.


Belga

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