20 ans d'autodialyse au CHU de Charleroi: rencontre avec un patient

L'insuffisance rénale touche des milliers de personnes en Belgique. Et quand les reins ne fonctionnent plus du tout, il faut passer par la greffe ou la dialyse. Une machine qui nettoie le sang à la place des reins. Un traitement lourd qui peut s'adapter à la vie des patients. Comme dans des services d'autodialyse par exemple. A Charleroi, ce type de service fête ses 20 ans. Le service du CHU est en fait le plus important de Belgique. Nous avons rencontré un de ses patients.

Le patient acteur de son traitement

Sebastiano Pachioli franchit la porte du service d'autodialyse trois fois par semaines. Ici, à la polyclinique du Mambourg à Charleroi, il a ses petites habitudes. Son badge, mais aussi ses clés, et son casier. "Je vais dans mon casier car chacun a un casier personnel. Et je prends le nécessaire dont j'ai besoin" explique Sebastiano.

Dans ce centre d'autodialyse, les patients comme Sebastiano sont responsabilisés et impliqués dans leur traitement. Leurs reins ne fonctionnent plus. Ils doivent donc nettoyer leur sang via d'impressionnantes machines.

En autodialyse, Sebastiano s'occupe de presque tout. Il maîtrise les différentes étapes de son traitement : matériel, branchement, paramétrage..."En fait c'est de la plomberie, le corps aussi en fait c'est de la plomberie. Après 23 ans de dialyse, je commence à connaître où les tuyaux sont. Ca s'apprend assez vite."

Mais pour les gestes purement médicaux, les patients sont bien sûr entourés par les infirmiers de l'équipe médicale.

En tout, 300 patients sont dialysés chaque semaine dans les différents centres du CHU. Certains optent pour la dialyse à domicile. Mais Sebastiano préfère désormais venir ici où les horaires sont élargis. "Ca permet une certain liberté parce que le matin, je suis actif. Je vais promener le chien, je vais faire les courses, je travaille un peu dans la maison parce qu'après une dialyse, il faut dire qu'on est fatigués. Quand je rentre le soir, c'est fauteuil et je n'ai plus rien à faire."

A Charleroi mais aussi à Liège

En Belgique, 13 000 personnes suivent ces traitements lourds. Le CHU de Charleroi dispose d'implantations à la polyclinique du Mambourg, mais aussi à l'hôpital Marie Curie et sur le site de Vésale, au CHU Ambroise Paré de Mons et à Chimay. En tout cela représente plus de 100 postes de dialyse faisant de ce service le plus important de Belgique.

Il faut dire que chez nous, les patients atteints d'insuffisance rénale sont particulièrement nombreux à Charleroi ainsi qu'à Liège.

"C'est un petit peu délicat mais sans doute que les conditions socio-économiques. Le fait de ne pas pouvoir se prendre correctement en charge au point de vue de sa santé. Le fait de ne pas connaître des maladies telles que l'hypertension qui sont des maladies silencieuses. Le fait de ne pas avoir accès aux soins de santé. Tout ça intervient mais il n'y a pas que ça." nous explique Serge Treille , chef de service Néphrologie-Dialyse au CHU.

Grâce à ses 4h30 de dialyse, le sang de Sebastiano Pachioli sera entièrement nettoyé. Une opération vitale qu'il doit répéter tous les deux à trois jours.

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