Chantier place Rogier: la Région bruxelloise indemnise un entrepreneur à hauteur d'1,2 million

Le chantier de la place Rogier va coûter 1,2 million de plus à la Région bruxelloise.
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Le chantier de la place Rogier va coûter 1,2 million de plus à la Région bruxelloise. - © D. R.

La Région bruxelloise a accepté d'indemniser une entreprise de travaux publics suite au retard dans le chantier de réaménagement de la place Rogier, à Saint-Josse. Le gouvernement bruxellois a pris cette décision lors de l'un des derniers conseils des ministres de 2017, a appris la RTBF. Le montant de l'indemnisation n'est pas anodin: 1,2 million d'euros.

C'est l'entreprise Viabuild NV, basée à Malines, qui estime avoir subi des pertes financières importantes dans le cadre des travaux de la célèbre place. Le précédent gouvernement régional avait pris la décision de scinder le chantier avec notamment des intervenants différents pour la rénovation de la place en elle-même, celle de la station de métro, pour la réalisation de l'Atrium, sans oublier un groupement d'entreprises pour l'érection de l'auvent monumental de 64 mètres de diamètre. Hic: les concepteurs de l'auvent (Xavier de Geyter, Ney & Partners, Louis De Waele ou encore un sous-traitant espagnol) ont pris énormément de retard dans leur calendrier. Pour rappel, le film de l'auvent avait posé plusieurs problèmes, nécessitant des ajustements.

La Région évite le procès

Au final, le projet initié dès 2006 n'est pas encore bouclé en 2018 alors qu'une inauguration était programmée dès 2013. La simple rénovation de la place et des abords a duré 700 jours au lieu des 350 prévus dans le contrat. Le chantier dans son ensemble aura coûté quelque 35 millions d'euros, avec les surcoûts. Et nouvelle tuile désormais: cette indemnisation que la Région bruxelloise ne peut éviter au risque d'être assignée en justice par Viabuild. D'autant que Viabuild avait évalué son préjudice financier à 2,6 millions en mars 2016 et même à 3,9 millions fin 2016. Après d'âpres négociations, le maître d'ouvrage Bruxelles Mobilité (administration régionale des Travaux) et Viabuild se sont mis d'accord sur un montant d'1,2 million d'euros et l'abandon d'éventuelles poursuites. Un moindre mal.

Un audit réclamé par Pascal Smet

Selon une source proche du dossier, les différents intervenants se rejetant la faute, "un expert judiciaire a été désigné" afin de déterminer LE responsable des couacs à répétition concernant l'auvent. Des couacs qui se poursuivent: le rendu actuel de l'auvent n'est pas encore celui prévu par le cahier des charges. Des adaptations devront être réalisées dans les prochains mois.

Selon la même source, "le choix de scinder le chantier en plusieurs marchés a compliqué la tâche et rendu la coordination globale moins évidente avec également les travaux d'étanchéité du tunnel Rogier qui ont dû être menés au même moment. C'est une erreur du précédent gouvernement bruxellois."

Du côté du cabinet du ministre bruxellois des Travaux Pascal Smet (SP.A), on ne souhaite formuler aucun commentaire sur l'indemnisation. Seule affirmation: à la fin du chantier de la place Rogier, un audit global sera demandé par le ministre.

La Région envisage-t-elle d'assigner le ou les entreprises défaillantes qui n'ont pas respecté le planning des travaux? La question n'a pas été tranchée, selon nos informations.

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