Chantier-choc à Wavre: 500 à 800 coups par heure pour enfoncer 450 pieux à 30m de profondeur

La battage des pieux du futur hall culturel polyvalent de Wavre a débuté ce jeudi matin. Jusqu'à la mi-avril, un total de 450 pieux vont être enfoncés dans le sol à raison d'environ dix pieux par jour. La machine-bélier utilisée pour enfoncer ces énormes mâts de 30 mètres de haut opère à une fréquence de 500 à 800 coups par heure! Une opération de génie civil exceptionnelle... un cauchemar pour les riverains, heureusement peu nombreux dans ce quartier proche de la gare. La Ville de Wavre a envoyé un courrier aux habitants du quartier pour "les encourager à faire preuve de  patience" en raison du bruit et des vibrations.

De 07h00 à 17h00

De la patience, les habitants et les travailleurs proches du site (proche de la gare de Wavre, de la future piscine et de la probable future tour-hôtel) devront en avoir. Les vibrations et le bruit seront quotidiens de 07h00 à 17H00 (jours ouvrables, en semaine). Il y aura des périodes de calme entre un pieu enfoncé et la préparation du suivant. Mais pendant le battage, les coups se suivront pratiquement... à la seconde!

Pour Patrick Lapage, chef du service de l'urbanisme, "il n'y avait pas d'alternative possible à cette technique. La géologie du sol à cet endroit est particulière. Sur les huit premiers mètres de profondeur, le terrain est instable, de mauvaise qualité portante. Au-delà de neuf mètres, c'est la nappe phréatique qui alimente la ville en eau potable. Pour stabiliser le site, il faut donc enfoncer des pieux encore plus bas... jusqu'à 30 mètres de profondeur". Les entreprises chargées du projet ont quand même choisi l'engin le moins bruyant possible. "Nous avons donc fait le maximum pour limiter les nuisances", ajoute le chef de service.

Des pieux de 14 tonnes

Pour garantir la stabilité du futur bâtiment, les ingénieurs ont choisi des pieux impressionnants. "De tels éléments ont dû être commandés aux Pays-Bas", explique Hassan Kocak, chef de projet chez Strabag. "Pour éviter de devoir acheminer des pièces de 30m par bateau, nous avons choisi des pieux en deux parties transportables par camion. Une moitié de mât mesure 20m; l'autre 10m. Il suffit dès lors d'enfoncer une partie, puis l'autre. Les deux parties du pieu s'emboîtent. Chaque assemblage descend donc à 30 mètres de profondeur. La section de ces pieux carrés fait environ 30 cm; leur poids: à peu près 7 tonnes. C'est donc 14 tonnes par pieu qui sont enfouies dans le sol, grâce à un énorme bélier. Chaque coup donné par l'engin permet d'enfoncer le pieu de quelque 10 à 15 cm, en fonction de la dureté du sol. Les premiers mètres sont pré-forés pour faciliter le début de l'opération".

Limiter les nuisances

Pour limiter l'impact sonore et les vibrations, les entrepreneurs ont pris des mesures spécifiques. Des morceaux de bois sont placés au-dessus du sommet du pieu pour amortir le choc du bélier, et donc aussi, le bruit et les vibrations. D'autres techniques permettent aussi de réduire les nuisances.

Par ailleurs, les riverains proches du site ont reçu récemment la visite d'experts pour faire l'état des lieux de leur habitation. "En cas de fissures dues au chantier", souligne Hassan Kocak, "les riverains seront dédommagés".

Des riverains inquiets 

Dans l'habitation la plus proche du chantier, l'inquiétude est évidente. "Nous ne seront pas tranquilles jusqu'à la mi-avril. C'est vraiment pénible, surtout pour les personnes âgées", nous dit une riveraine. "Le bruit et les vibrations sont importantes, dès le matin. Nous avons acheté des boules Quies. On se console en se disant que le quartier sera plus vivant une fois le nouveau hall culturel polyvalent terminé", affirme une riveraine située aux premières loges. "Aujourd'hui, on tient le coup. Mais à plus long terme, ça risque d'être assez pénible", souligne une autre voisine.  

Coincés entre le chantier et les trains

Dans un bureau situé juste en face du site, on supporte mal les nuisances. "Pour regarder l'écran, c'est assez pénible, car nos ordinateurs vibrent. Il y a du bruit aussi", souligne une jeune employée. "Je suis enceinte, et ce n'est pas une période facile", ajoute une autre employée. "Travailler dans ces conditions, ce n'est pas commode", explique une collègue. "D'un côté, nous avons le bruit et les vibrations des trains. Et de l'autre, les nuisances de ce nouveau chantier. Vivement que ce chantier finisse. En tout cas, après, il n'y aura plus de chancre. C'est quand même un point positif". La quartier n'en aura cependant pas fini avec les chantiers. Une tour de 120 mètres de haut devrait être érigée tout près de là; sans oublier une piscine... très attendue par les Wavriens.

 

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