Chaîne humaine autour du parc Maximilien: "Accueillir les migrants coûterait moins cher"

Symboliquement, ils ont formé une chaîne humaine autour du parc Maximilien pour éviter aux réfugiés d'être arrêtés et envoyés en centre fermé.
Symboliquement, ils ont formé une chaîne humaine autour du parc Maximilien pour éviter aux réfugiés d'être arrêtés et envoyés en centre fermé. - © RTBF

Ils étaient un bon millier, dimanche soir, à avoir répondu à l'appel de la Plateforme citoyenne. Des bénévoles, des sympathisants, des familles… qui trouvent "injuste" le sort réservé aux migrants.

Symboliquement, ils ont formé une chaîne humaine autour du parc Maximilien pour éviter aux réfugiés d'être arrêtés et envoyés en centre fermé.

"A notre tour d’accueillir !"

Nous avons rencontré Patricia, une Bruxelloise qui est bénévole depuis des mois pour aider les réfugiés sur le sol belge. "Soit chauffeur, hébergeur, ou on ajoute un peu de courses dans son caddy hebdomadaire… Tous les soirs, tous les jours, on a un grand nombre de personnes à protéger. Je pense que l’Europe et la Belgique ne font pas ce qu’il faut. Laisser toute la charge de la migration à l’Italie et la Grèce, c’est proprement scandaleux ! C’est avant tout un geste humanitaire. Moi, je suis petite fille d’une famille qui a migré pendant la guerre 40-45, qui a été accueillie les bras ouverts par des Français qui sont encore aujourd’hui des amis de la famille. Ma famille a hébergé des enfants juifs pendant la guerre, qui sont devenus les frères de mon papa et qui le seront toujours. Je pense que maintenant, c’est à notre tour d’accueillir !"

"Les accueillir coûte quatre fois moins cher"

Entre 1000 et 1500 personnes ont participé à l'action. C'est un peu moins qu'il y a trois mois, quand une première action avait été organisée.

Mais pour Medhi Kassou, l'un des animateurs de la Plateforme citoyenne, cette mobilisation était quand même un succès. "Pour nous, c’est une réussite. Ce qui est important, c’est de rappeler qu’il y a toujours cette mobilisation, qu’on est un groupe de 40.000 personnes ; qu’on compte 5000 hébergeurs, des chauffeurs… qui s’opposent à cette politique migratoire."

"Ici, la conclusion, poursuit notre interlocuteur, c’est qu’on va quand même demander une rencontre avec le Premier-Ministre, pour lui opposer des arguments très logiques sur les investissements faits en matière de répression ou en intervention policière. On a fait un rapide calcul : 130 places ont été libérées cette dernière semaine, rien que pour enfermer des transmigrants. Cela coûte 192 euros par jour et par personne. Cela représente 25.000 euros par mois. 25.000 euros qu’on est prêt à investir simplement pour enfermer des gens ; là où ça coûte quatre fois moins cher de les accueillir. On va donc exposer ces arguments. On espère obtenir des solutions plus structurelles."

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