Ces chauffeurs poids lourd qui font la sieste... dans les bouchons

Image prise par les caméras de surveillance à Rhisnes mardi matin
Image prise par les caméras de surveillance à Rhisnes mardi matin - © trafiroutes.wallonie.be

L'image, étonnante, a été captée par les caméras de surveillance de la circulation sur l'autoroute E42, à Rhisnes. Un camion est à l'arrêt, apparemment sans raison : il n'y a pas de bouchon devant lui; il n'est pas en panne; d'ailleurs il redémarrera quelques minutes plus tard. En fait, son chauffeur se repose. Et derrière lui, des centaines d'automobilistes attendent...

Après quatre heures trente de conduite, un chauffeur de poids lourd doit se reposer 45 minutes, une pause qu'il peut scinder en deux morceaux de 15 et 30 minutes. Bloqué dans un bouchon, un chauffeur peut donc être tenté de couper son moteur, comme s'il se reposait. Mais si la circulation devant lui redémarre après dix minutes, la pause n'est pas assez longue. Alors certains décident de prolonger l'arrêt de quelques minutes. Et tant pis si des centaines de voitures sont bloquées derrière, comme cela s'est produit à plusieurs reprises sur le chantier de l'E42 ces derniers mois.

"Nous sommes un jour tombé sur un chauffeur endormi dans son camion, raconte le commissaire Willy Henry de la police fédérale de la route. Comme à cet endroit, la circulation est réduite à une seule bande, il y avait plusieurs kilomètres de file derrière lui. Des automobilistes ont même eu le temps de le prendre en photo. Nous avons évidemment dressé un procès verbal."

Cette situation n'est pas rare, nous confirme la police. Mais les infractions sont difficiles à constater. Parfois les automobilistes ne se rendent même pas compte que la circulation devant le camion s'est dégagée. Et la manière la plus efficace de repérer les "camions-siesteurs" est d'organiser une surveillance aérienne. "Mais cela coûte cher", regrette Willy Henry.

Des règles trop strictes, selon l'UPTR

L'Union professionnelle du Transport et de la Logistique (UPTR) ne cautionne pas le comportement des chauffeurs qui profitent des bouchons pour faire leur pause réglementaire, au risque d'aggraver les problèmes de circulation. "Mais on peut les comprendre, estime Michaël Reul, le secrétaire général de l'UPTR. Les règles en matière de repos obligatoire sont très strictes et elles sont appliquées avec peu de discernement par la police. Un chauffeur qui est à l'arrêt dans un bouchon depuis 13 minutes peut être tenté, malgré que la route s'est dégagée devant lui, de rester à l'arrêt deux minutes de plus pour arriver aux 15 minutes fatidiques qui seront enregistrées dans son tachygraphe. Je précise que nous regrettons ce comportement qui pénalise l'ensemble des usagers de la route."

Selon l'UPTR, les règles européennes sur les temps de conduite et de repos des chauffeurs poids lourd, adoptées dans les années 80, sont obsolètes et devraient être revues à la lumière des nouvelles conditions de circulation en 2014.

François Louis

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