Ces agriculteurs qui délaissent la race Blanc Bleu Belge

Elles ont une belle robe noire et sont particulièrement dociles. Les vaches d’Aline Coppez sont des Black Angus. Il y a deux ans, la jeune agricultrice de Rongy, près de Tournai a opté pour cette race rustique originaire d’Ecosse au détriment du traditionnel Blanc-Bleu-Belge. La raison ? La Black Angus demande moins de travail. Plus autonome, elle ne nécessite pas une césarienne à chaque vêlage, elle demande moins de soins de façon générale et peut rester toute l’année dehors.

Pour moi, c’était ça ou arrêter la ferme", explique Aline. "Avec le Blanc Bleu, je travaillais beaucoup, parfois 14 heures par jour au détriment de la vie familiale. Il fallait faire quelque chose. D’autant qu’on ne gagnait pas notre vie. Maintenant je peux dire que j’ai repris goût à mon métier."

Avec l’Angus, une race très recherchée des restaurateurs pour le goût de sa viande, Aline espère inverser la tendance, en se lançant dans le circuit court. " On me sollicite déjà. Il y a de la demande ", sourit-elle. Pour savoir si le pari était le bon, il faudra attendre que les premières bêtes arrivent à maturité. Mais vu le prix de vente de l’Angus à la carte des restaurants, l’agricultrice rongycienne a de quoi être optimiste.

Le Blanc Bleu pas vraiment boudé pour autant

Des agriculteurs qui délaissent le Blanc Bleu Belge il y en a. " Mais ça reste très marginal, glisse Carlo Bertozzi, directeur du département communication de l’Agence wallonne de l’élevage. Pour l’Angus il y a 14 éleveurs sélectionneurs enregistrés contre plus de mille pour le BBB. "

Le Blanc Bleu Belge représenterait ainsi 85% du cheptel wallon. Il est apprécié pour son rendement supérieur. "Cette race reste par tradition mais aussi parce que sa viande est demandée sur le marché belge. ", ajoute Pedro Imazaki, chargé de mission au collège des producteurs. " Le Blanc Bleu Belge a encore de beaux jours devant lui. "

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