Certificats, prescriptions de tests… : les médecins de Charleroi menacent d'arrêter les procédures administratives liées au coronavirus

Certificats, prescriptions de tests... : les médecins de Charleroi menacent d'arrêter les procédures administratives liées au coronavirus
Certificats, prescriptions de tests... : les médecins de Charleroi menacent d'arrêter les procédures administratives liées au coronavirus - © boonchai wedmakawand - Getty Images

Leur ras-le-bol grimpe depuis plusieurs semaines. Les médecins généralistes se disent noyés sous les tâches administratives. Avec la rentrée scolaire, on le sait, les cas de quarantaine, de testing, de certificats se sont multipliés. Et les médecins se plaignent de ne plus pouvoir assurer leurs missions premières.

Dans un communiqué signé par la Fédération des associations de médecins généralistes de Charleroi (FAGC), ces médecins renvoient "à la responsabilité des services de médecine scolaire et du travail pour la gestion des foyers épidémiques (clusters) dans les collectivités concernées". Ils menacent à court terme d’un boycott administratif "pour éviter leur propre burnout".

Si aucune solution n’est trouvée d’ici ce lundi 28 septembre, les 430 médecins de cette fédération menacent de refuser de rédiger les certificats d’incapacité ou de quarantaine, et les prescriptions de testing pour des enfants non malades qui fréquentent une classe ou une école fermée pour cause de foyer. Mais aussi les certificats d’aptitude à reprendre les cours et les prescriptions de testing "préventif" pour des étudiants amenés à effectuer des stages auprès de publics dits à risque.

Les médecins généralistes carolos demandent de rediriger cette masse de travail administrative vers la médecine scolaire (PSE) et la médecine du travail. La FAGC en appelle à une rapide concertation entre les associations représentatives de la médecine générale d’une part, les services PSE et de médecine du travail d’autre part.

Une négociation est en cours et des pistes sont sur la table

Du côté de la ministre Bénédicte Linard, on nous précise qu’une réunion a eu lieu la semaine dernière entre généralistes et médecine scolaire. Un des problèmes semble se situer dans l’impossibilité pour les médecins des PSE (Promotion de la Santé à l’Ecole) de prescrire des tests. Une solution pourrait venir du Comité Interfédéral de Testing et Tracing.

Un renforcement de la communication envers les écoles doit aussi être mené. "Normalement, une école ne peut pas exiger de certificat de bonne santé pour réintégrer sa classe. C’est pourtant ce que beaucoup d’établissements demandent." Des messages seront aussi envoyés à l’attention des adultes dans les écoles pour rappeler les règles d’or et notamment les distances physiques pour éviter de devoir mettre plusieurs profs ou membres du personnel en quarantaines quand un cas positif se présente.

Même son de cloche à l’Office de la naissance et de l’enfance qui coordonne la médecine scolaire. Pour Anne-Claire Henry, gestionnaire de crise à l’ONE, "Il faut vérifier ce que le cadre légal nous permet de modifier dans nos procédures. Et puis des contacts sont en cours entre les différents acteurs de ce dossier. On pourrait voir arriver des modifications des protocoles dans les jours qui viennent."

Matin Première 15/09/2020

Le président de la Société scientifique de Médecine générale, Thomas Orban était l’invité de Matin Première, il parle notamment de la lourdeur de ces tâches administratives.

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