Cérémonie pour les indigents: "A Jette, on ne meurt pas tout seul"

La cérémonie a lieu dans le dôme situé à l'entrée du cimetière de Jette
La cérémonie a lieu dans le dôme situé à l'entrée du cimetière de Jette - © Tous droits réservés

Un départ dans la dignité, y compris pour ceux que l'on appelle "les indigents". C'est ce que la commune bruxelloise de Jette organise depuis cinq ans maintenant. C'est la seule en région bruxelloise. La loi prévoit que chaque commune doit prendre en charge les funérailles de ces personnes, mais à Jette, on a donc voulu aller plus loin. Lors d'inhumations de personnes isolées ou sans argent, une équipe de bénévoles est présente pour lire un texte ou une prière.

Je lui dis que je suis heureuse d'être arrivée à temps pour lui dire au revoir

Dans le dôme situé à l'entrée du cimetière, un cercueil blanc. De la musique. Et une cérémonie, de cinq minutes à peine. Le temps pour les bénévoles de se recueillir, de lire une prière, un petit texte. Sophie, bénévole, a pris la parole: "C'est toujours plus ou moins le même petit texte, ça vient de mon cœur. Je lui dis que je n'ai pas eu la chance de la connaître ici bas, mais que je suis heureuse d'être arrivée à temps pour lui dire au revoir". La dame inhumée ce jour-là avait 75 ans. Sa famille proche n'a pas voulu prendre en charge les frais liés à son enterrement. Seule sa nièce et deux membres de sa famille ont fait le déplacement: "Cette présence, ça nous fait chaud au cœur. Heureusement que ces bénévoles sont là". 

Derrière le terme "indigents", des réalités très différentes

C'est le Service Etat civil et inhumation qui appelle les bénévoles. Dans la commune, il y a environ 20 à 30 enterrements de ce genre, sur l'année. Souvent, ce sont des personnes décédées dans l'un des hôpitaux jettois, comme l'explique Claire Vandevivere, échevine de l'Etat civil: "En général, c'est l’hôpital qui prend contact avec nous et qui explique qu'il n'y a personne pour s'occuper de la suite". Souvent ce sont aussi des réalités très différentes, Eric Groenen de l'Etat Service état civil et inhumation détaille: "Ce sont des personnes isolées plutôt, ou des personnes dont personne ne veut prendre en charge les frais de funérailles. Parfois, il y a de la famille, mais il y a des bisbrouilles. Parfois ce sont des personnes endettées et personne ne veut s'occuper de l'inhumation ou des frais d'inhumation".

Une douzaine de bénévoles se relaie donc pour que ces personnes partent dans la dignité. Pour Claire Vandevivere, c'est aussi un message aux vivants: "pour qu'ils sachent qu'à Jette, on ne meurt pas tout seul". Quant à Françoise, l'une des quatre bénévoles présente ce jour-là, c'est une évidence: "Je ne peux pas imaginer que quelqu'un s'en aille sans qu'elle ait existé pour quelqu'un. Même si nous ne le connaissons pas, il fait partie de notre humanité". 

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