Centre-ville de Nivelles : "On a tous les outils pour réussir ici", affirme le président de l'AMCV

En mars dernier, à la demande de la ville de Nivelles, ses habitants et tous ceux qui fréquentent son centre-ville étaient invités à répondre à une enquête menée par l’Association du Management de centre-ville (AMCV). Celle-ci les interrogeait sur leurs habitudes d’achats, tant dans le centre qu’au Shopping, en périphérie, les raisons qui les poussent à fréquenter plutôt l’un que l’autre, et surtout les améliorations qu’ils souhaitent. Les résultats de cette enquête doivent servir de base à un plan d’action visant à améliorer l’attractivité du centre-ville. "C’est inédit, indique Jean-Luc Calonger, le président de l’AMCV. Généralement, les villes nous demandent un schéma communal de développement commercial, et bien souvent après cela rien ne change sur le terrain. Ici c’est la première fois qu’une ville nous demande un plan opérationnel".

Proximité et convivialité vs stationnement

1447 personnes ont répondu à cette enquête et l’AMCV vient d’en présenter les résultats. Elle les a croisés avec ses propres relevés faits sur le terrain. Et tout n’est pas négatif, loin de là. Le premier constat encourageant est que, malgré la crise du covid, la dynamique commerciale s’intensifie dans le centre de Nivelles : en 2020, le taux de cellules commerciales vides était estimé à 18,8%, ce qui est déjà inférieur à la moyenne wallonne, et il a diminué de 4% cette année. Ce sont en effet pas moins de 28 nouveaux commerces qui se sont installés en centre-ville. L’enquête révèle pour sa part que davantage de sondés fréquentent le centre-ville que le Shopping, et c’est la proximité et la convivialité qui font la différence. A l’inverse, les personnes qui disent ne pas fréquenter le centre de Nivelles avancent souvent des raisons liées au stationnement (manque de places, coût, mauvaise signalisation…)

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Le télétravail a donné un coup de boost aux commerces de proximité. © S. Vandreck

Centre-ville et Shopping complémentaires

En termes d’offre de commerces, aux yeux des chalands, le centre-ville et le Shopping semblent bien se compléter : le Shopping se spécialise dans l’équipement de la personne, tandis que le centre concentre les commerces de proximité, l’alimentation, les librairies… L’Horeca est le plus plébiscité (80%), même s’il n’est pas l’activité commerciale la plus présente sur Nivelles. Cela n’empêche pas les personnes interrogées de réclamer davantage de commerces de textile en centre-ville (63%). Elles sont aussi 42% à réclamer un effort en matière de parking dans le centre. La sécurité et la propreté, bête noire de certains centres-villes, semblent par contre avoir une bonne cote auprès des sondés nivellois. Autre constat de cette enquête : les Nivellois font des infidélités à leur ville pour les achats en matière de bricolage. "Nivelles est une zone captive, analyse Jean-Luc Calonger. Mais elle a une concurrence puissante à quelques kilomètres, qui fait plus de concurrence au Shopping qu’au centre-ville". Le président de l’AMCV fait ici référence au centre-ville de Waterloo, aux centres commerciaux carolos… ainsi qu’aux magasins IKEA de Mons et d’Anderlecht.

De nouvelles tendances émergent

La zone de chalandise de Nivelles n’est pas encore complètement optimalisée. "Il faut aller chercher les clients qui peuvent venir sur Nivelles", note encore Jean-Luc Calonger. Comment ? En améliorant l’offre, et la communication sur celle-ci. Nivelles va à présent voir comment elle positionne son centre-ville et même éventuellement quelle "marque" elle va lui donner. La crise sanitaire lui a donné de nouvelles pistes sur lesquelles travailler. A commencer par la proximité : avec le télétravail, les gens font davantage d’achats près de chez eux. Les villes dont les centres vivent des navetteurs et des visiteurs, comme Bruxelles, Liège ou Anvers, seraient ainsi les grandes perdantes de la crise en matière de commerce, au profit de petites villes comme Nivelles. L’e-commerce a aussi forcément fait des progrès énormes, "mais les clients ont toujours besoin de points-relais où aller chercher leurs colis. C’est aussi du commerce de proximité", remarque-t-il. Et puis il y a tous ces nouveaux commerçants, qui travaillent dans des secteurs de niche, développent d’abord leur activité sur le web et les réseaux sociaux et, quand elle est bien implantée auprès de leurs followers, ouvrent un magasin. Les nouveaux commercent installés à Nivelles surfent déjà sur cette tendance, de la boutique de biscuits artisanaux personnalisés au concept store consacré aux spiritueux. Le challenge est grand, mais beaucoup d’acteurs y croient. "Si on ne réussit pas ici, alors qu’on a tous les outils pour le faire, ce serait difficile ailleurs", conclut le président de l’AMCV.

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