Ce que les ministres bruxellois ont dépensé pour aménager leurs bureaux

Le gouvernement au complet.
Le gouvernement au complet. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Cinquante-cinq mille euros environ par ministre. C'est ce que chaque membre de l'actuel gouvernement bruxellois a dépensé en moyenne afin d'aménager ses bureaux. Une somme dépensée juste après leur installation, suite aux élections régionales de 2014.

C'est la députée MR Viviane Teitelbaum qui a interrogé les huit membres de l'exécutif au travers d'une question écrite. Si les réponses n'ont pas tardé, la question se pose toujours sur l'opportunité de l'achat de mobilier ou de matériel informatique quand un ministre s'installe dans un cabinet déjà occupé précédemment par un ministre, voire quand le ministre est le même et qu'il n'a pas déménagé.

Prenons le ministre-président Rudi Vervoort (PS) par exemple, installé rue Ducale à la même adresse qu'avant les régionales. Pourtant, ce sont plus de 120 000 euros (12 476 euros en crédit du cabinet et 110 000 euros en crédit d'installation) qui ont été dépensés. Sous quelle forme ? La réponse écrite ne le précise pas.

Des meubles, des vélos, de l'équipement de cuisine

Autre ministre, Guy Vanhengel (Open VLD) installé depuis plusieurs années avenue des Arts. Total des dépenses pour son cabinet : 61 700 euros dont 6000 euros en peinture, 8000 euros dans la rénovation de la cuisine, 29 000 euros en meubles, 10 200 euros en équipements de salles de réunion.

Céline Frémault (cdH), elle non plus, n'a pas déménagé. Elle a certes de nouvelles compétences mais occupe toujours des locaux rue Capitaine Crespel. Pourtant, on y a dépensé 20 600 euros en mobilier (30 sièges visiteurs, huit fauteuils de bureau, huit porte-manteaux, trois canapés...), 24 800 euros en véhicules (scooter électrique, deux vélos électriques, trois vélos pliants), 6400 euros en matériel informatique. "L'allocation accordée aux cabinets pour leurs frais de première installation nous a permis de renouveler du mobilier vétuste et de compléter notre flotte de moyens de transport propre pour les membres du personnel", indique la ministre dans sa réponse. 

Le cas de Pascal Smet (SP.A) est différent. Il était précédemment ministre dans le gouvernement flamand. Depuis 2014 il est ministre au sein du gouvernement bruxellois. Il a donc dû trouver de nouveaux bureaux : direction la tour Zénith au boulevard Albert II. Coût pour l'aménagement et l'installation : plus de 300 000 euros.

Le ministre Didier Gosuin (FDF) aurait lui dépensé 16 200 euros en travaux d'aménagement de ses bureaux (pris en charge par la Régie Foncière) au douzième étage du Botanic Building à Saint-Josse. "Il faut rajouter à la somme précitée le montant de 5132,12 euros en frais de fonctionnement 2014, sans augmentation d'enveloppe, correspondant pour l'essentiel au nettoyage des tapis des couloirs et bureaux et au nettoyage, de toutes les chaises que nous avons décidé de conserver", précise le ministre. Pour ce qui est cette fois de l'enveloppe liée aux frais de première installation (55 000 euros), "35 184 ont été dépensés" dont 7300 euros pour une télévision, une machine à café, des tablettes, 2145 euros en frigo, taque et aspirateurs, 15 000 euros en ordinateurs et écrans...

"Un environnement de travail convenable"

Cécile Jodogne (FDF), nouvelle venue en tant que secrétaire d'Etat a dépensé elle 69 600 euros en matériel de bureau, fournitures et mobiliers pour son cabinet du Botanic Building. La secrétaire d'Etat Bianca Debaets (CD&V) ne donne pas de détails mais annonce avoir bénéficié de 55 000 euros pour ses dépenses d'installation. Pourtant, cette dernière occupe le même étage que celui occupé par l'ancienne ministre Brigitte Grouwels (CD&V). Quant à la secrétaire d'Etat Fadila Laanan (PS), elle a dépensé 46 600 euros en achat de mobilier (bureaux, chaises, armoires...) "afin d'offrir aux membres de cabinet un environnement de travail convenable et confortable", explique celle qui est installée au boulevard du Régent. 

Conclusion pour la députée Teitelbaum : "Rudi Vervoort détaille très peu sa réponse et dépense beaucoup plus que les autres, malgré le fait qu'il n'ait pas changé de fonction. Une nouvelle question sera donc posée pour obtenir plus de précisions." Ceci étant, "pour certains ministres, la somme est élevée, pour d’autres nous restons dans l'enveloppe. Difficile de juger sur base des réponses car il est vrai que les travaux coûtent vite cher dans le public et l’informatique aujourd’hui est une nécessité et vite obsolète. Mais est-ce que des nouveaux meubles sont-ils nécessaires partout ? Et quels meubles ? Quant à la flotte d’un cabinet, je ne comprends pas. Ok pour une voiture pour le ou la ministre. Mais les autres ? Qui, pourquoi et sur quelle base ?"

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