Caterpillar Gosselies : préavis de grève déposé pour trois mois

On savait déjà que la CSC et la FGTB s'opposeraient à tout licenciement sec chez Caterpillar Belgium. Les syndicats estiment que le groupe réalise trop de bénéfices à travers le monde pour que les syndicats puissent accepter de telles mesures qui consistent à se séparer de quelque 1400 travailleurs.
On a aussi appris dans la journée que, de son côté, Agoria, la fédération des entreprises de l'industrie technologique, parlait d'"un mal nécessaire".

Au terme des assemblées qui se sont réunies ce jeudi après-midi sur le site de Caterpillar à Gosselies, les syndicats ont donc décidé de déposer un préavis de grève pour trois mois. Ce préavis entrera en fonction lundi.

La CSC restera ferme

"Les syndicats pourront juger de la crédibilité des chiffres annoncés en matière de pertes d'emplois au cours des futures discussions", a affirmé Jean-Marie Hoslet. "A ce moment-là, ils pourront mieux se rendre compte si la direction mène ou non une stratégie visant à surestimer initialement les suppressions de postes pour en obtenir davantage au terme des négociations. Si la direction se sépare bel et bien de 1 400 travailleurs, je crois qu'elle condamne du même coup le site. Les frais fixes seraient,  dans la nouvelle configuration, trop importants pour permettre à la direction de dégager des marges confortables" a ajouté Jean-Marie Hoslet.
"La décision de la direction de se recentrer sur le marché européen en lui destinant la majorité de la production de Caterpillar Belgium est dangereuse", juge encore le responsable syndical. "Parce que les Etats européens ont cessé de mener des grands travaux publics. La direction de Caterpillar Belgium devrait au contraire tenter de construire des machines destinées à l'exportation" selon M. Hoslet.

La FGTB s'inquiète

"Les syndicats devront, dans les prochaines semaines, tenter de voir si derrière les intentions affichées par la direction de Caterpillar Belgium, il n'y a pas une volonté d'organiser à plus long terme le démantèlement du site de Gosselies", a affirmé jeudi en début d'après-midi Antonio Cocciolo, le président de la FGTB Metal Hainaut-Namur. "Le lien de confiance avec la direction est rompu", estime le syndicaliste, qui a souligné que Caterpillar Belgium est loin d'être une entreprise en faillite. "Elle n'a aucun problème de liquidité et pourtant la direction y a annoncé un plan social", déplore Antonio Cocciolo.
La perte de certaines productions à haute valeur ajoutée sur le site de Gosselies inquiète en outre la FGTB. "Elle rendrait", selon Antonio Cocciolo, "le site plus vulnérable. Après cette restructuration,  les responsables du groupe ne vont-ils pas annoncer qu'ils souhaitent abandonner l'outil? ", s'interroge le syndicaliste. Dans la perspective des futures négociations, la FGTB a d'ores et déjà annoncé qu'elle s'opposerait à tout licenciement sec.

La CGSLB veut soutenir les travailleurs

"Nous nous attendions à quelque chose mais pas à une telle ampleur des dégâts sociaux", a déclaré le syndicat libéral. La CGSLB insiste sur le fait que Caterpillar est le fleuron industriel de la région. "C'était aussi, en tout cas à Gosselies, une multinationale un peu atypique en ce sens qu'elle respectait la concertation sociale". Les travailleurs ont toujours fait preuve de mesure et de raison, témoigne le syndicat, notamment face au chômage économique pour les ouvriers et pour les employés et même face aux non-reconductions de CDD. "Aujourd'hui, c'est le profit qui triomphe. L'actionnaire casse le jouet". Enfin, la CGSLB estime que le système de gestion du groupe mondial montre ses limites. La mise en concurrence des différents sites entre eux, en fixant les limites des marchés attribués à chacun d'entre eux, ne peut que mener à des difficultés.

"Un mal nécessaire" selon Agoria

Dans son analyse, Agoria explique que Caterpillar souffre d'une "sérieuse contraction de la demande en Europe depuis 2009. De plus, le marché européen en machines de génie civil affiche un potentiel de croissance structurellement limité contrairement aux pays émergents".

La situation est devenue intenable, selon la fédération, qui comprend que l'entreprise est aujourd'hui contrainte d'entamer une procédure de restructuration. "Une stratégie indispensable pour permettre de garantir un avenir à Caterpillar à Gosselies", souligne Thierry Castagne, directeur général d'Agoria Wallonie.

Agoria lance des pistes pour atteindre cet objectif. "Le plan industriel est indispensable et urgent", rappelle Thierry Castagne. "Il prévoit trois volets: les investissements, une gamme d'activité simplifiée et une organisation plus performante pour mieux servir les clients".

Agoria compatit avec les travailleurs touchés et leurs familles. "L'impact se fera également sentir chez de nombreux sous-traitants situés en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre", souligne encore Thierry Castagne, directeur général d'Agoria Wallonie.

Dès lors, la fédération demande que tous les acteurs impliqués dans ce dossier travaillent en étroite collaboration afin de mettre en oeuvre le plan industriel nécessaire, de trouver une solution satisfaisante pour les travailleurs touchés et d'assurer un avenir durable à l'industrie belge.

Avec Belga

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