Catastrophe de Buizingen: les familles des victimes s'impatientent

C'était le 15 février 2010. Il est environ 8 heures 30 lorsque deux trains de la SNCB entrent en collision frontale à hauteur de Buizingen en Brabant flamand. Le choc est d'une rare violence. Et le bilan humain est extrêmement lourd. 19 morts et plus de 170 blessés.

Pour comprendre ce qu'il s'est véritablement passé, une commission parlementaire spéciale sur la sécurité du rail est mise en place. Ses conclusions mettent en évidence 30 années de laxisme en terme de sécurité ferroviaire. Les responsabilités des pouvoirs publics, de la SNCB et d'Infrabel sont notamment pointées du doigt.

Une longue enquête

Parallèlement une instruction judiciaire est mise en place. L'enquête dure 4 longues années. Elle aboutit en septembre 2014 à 3 inculpations. Celle du conducteur du train qui a survécu à la collision et celle des deux opérateurs ferroviaires que sont Infrabel et la SNCB. Tous 3 sont inculpés d'homicide involontaire, de coups et blessures involontaires et de mise en danger involontaire de la vie des navetteurs.

Toujours pas de date fixée pour un procès

Depuis, plus rien. Le dossier est désormais entre les mains du parquet de Hal-Vilvorde. Un parquet qui n'a pas encore entendu les inculpés. Et qui doit encore soumettre ses réquisitions pour une prochaine chambre du conseil. Ensuite, ce sera à chambre du conseil de décider d'un éventuel renvoi des inculpés devant un tribunal de police.

Et puis il y a le dossier d'instruction. Un dossier de 15 000 pages qui n' a toujours pas été traduit en français. Or la plupart des victimes sont francophones. Car rappelons-le : l'un des deux trains accidentés était parti de Quévy en province de Hainaut pour rejoindre Bruxelles. Il faudra donc traduire tout le dossier pour que le droit des parties civiles à un procès équitable soit respecté. Voilà qui risque aussi de prendre pas mal de temps.

Du côté des familles des victimes, on s'impatiente : "Il est plus que temps que les responsables de cette catastrophe soient pointés du doigt. Que les vraies causes de l'accident soient connues. Et que l'on puisse sécuriser le rail", déclare Anita Mahy, une rescapée de l'accident.

Fabrice Gérard

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK