Castors réintroduits: la cohabitation "possible dans 90% des cas"

Le castor avait été réintroduit clandestinement en Wallonie en 1998, dans la région d'Houffalize.
Le castor avait été réintroduit clandestinement en Wallonie en 1998, dans la région d'Houffalize. - © Flickr – Zircon_215

Réintroduit clandestinement en Wallonie en 1998 dans la région d'Houffalize, le castor a petit à petit conquis de nouveaux terrains. Depuis plusieurs années, des familles se sont installées aux portes de Liège, sur l'Ourthe ou son canal. Il y a quatre ans, un castor avait poussé plus loin, à Liège même, pour séjourner sur les berges de la Dérivation à hauteur de la Médiacité. Un séjour d'un hiver, depuis il a disparu. Comme un autre castor, qu'on a également pu voir au même endroit.

Aux portes de Liège, la population de castors est stable. Une famille à Tilff-Esneux, une à Colonster, une au pont d'Embourg, et une près de Belle-Ile. Elles ont trouvé des terrains propices. Elles y restent. Et pas question chez les castors de partager un même territoire. Les autres doivent aller voir ailleurs. Et la ville n'est pas la destination idéale.

Le waremmien Jean-Pierre Facon est un observateur et protecteur averti des castors. "En ville, c’est impossible car ils n’ont pas le biotope adéquat : pas de nourriture, pas d’habitat, c’est canalisé partout…"

Et les individus isolés aperçus sur les berges de la Dérivation? "Là, il y a des talus et quelques arbres. Mais c’est une solution provisoire. Ils n’auraient pas su y installer toute une famille et y rester…"

Basculant de l'Ourthe ou de son canal dans la Meuse, des castors ont tenté la remontée vers l'amont, mais n'y ont pas trouvé de conditions plus favorables ; et vers l'aval, le barrage de l'île Monsin est un piège mortel. Là où ils s'installent, la cohabitation des castors avec les humains peut poser problème.

Jean-Pierre Facon plaide pour l'information. "Les gens sont mal informés sur le castor. Il est évident que le castor peut créer un problème de coupe d’arbres ou de barrages. Mais en expliquant à tout le monde comment protéger ses arbres ou adapter les barrages, la cohabitation est possible dans 90% des cas." Ceux où elle n'est vraiment pas possible seraient donc très minoritaires.

Martial Giot

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