Carnaval de Nivelles: les cafés vont tester les gobelets compostables

Quentin Bonheure est convaincu par cette nouvelle alternative
Quentin Bonheure est convaincu par cette nouvelle alternative - © S. Vandreck

Comment limiter les déchets lors de festivités comme le carnaval ? Répondre à cette question s’avère être un véritable casse-tête pour les villes et communes. À Nivelles, les gobelets réutilisables et cautionnés, comme ceux qu’on voit dans les festivals, ont été testés lors de la dernière fête nationale. Ils n’ont pas convaincu les cafetiers aclots. "C’était compliqué d’appliquer le système de consigne : les gens ne comprenaient pas qu’on devait laisser un euro de caution. Du coup, on a moins vendu, déplore Quentin Bonheure, gérant de café à Nivelles. Il y avait aussi le problème du coût du nettoyage : en juillet, il était payé par la ville, pour nous aider. Mais à long terme, ça allait nous coûter très cher". Le commerçant critique aussi le fait que les gobelets soient fabriqués en Chine, qu’ils n’arrivent pas toujours bien lavés, et que quand une boîte est ouverte, le cafetier doit faire nettoyer l’ensemble de son contenu, même s’il n’en a utilisé qu’une partie. Pour lui, au final, la formule n’est pas si écologique que cela.

Huit à dix semaines pour se décomposer

Soucieux de l’environnement, et donc de ne pas retourner au système des gobelets en plastique à usage unique, les cafetiers nivellois ont proposé une autre solution : des gobelets compostables, en amidon de maïs. "Nous avons fait un comparatif, et c’est vraiment ce gobelet qui a remporté la palme : il est fabriqué en Europe, il ne faut pas le laver et il met huit à dix semaines pour se décomposer, alors qu’un gobelet classique en plastique met plus de 150 ans !", explique Quentin Bonheure. Ces gobelets, un peu plus chers que les gobelets classiques mais moins chers à l’usage que les gobelets réutilisables, ont été adoptés par l’ensemble des cafés de Nivelles pour ce carnaval. La difficulté sera évidemment qu’ils ne se retrouvent pas mélangés aux autres déchets. C’est pourquoi ce carnaval sera un test grandeur nature. "Il faudra trier davantage les déchets et veiller à ne rassembler que des gobelets bio, pour pouvoir les envoyer ensuite à l’usine de compostage, dans la province de Luxembourg. Nous devrons donc avoir plus de personnel pour les ramasser", poursuit le cafetier.

Affiches et poubelles spécifiques

Le public sera bien sûr sensibilisé, pour qu’il ne jette pas ses gobelets directement par terre avec les oranges et les confettis. Des affiches seront apposées un peu partout. La ville a également prévu des poubelles de tri spécifiques. "Nous allons placer des poubelles destinées à ces gobelets, mais également des bulles à verre. Les bouteilles en verre sont normalement interdites au carnaval, mais beaucoup amènent des bouteilles de champagne. Cela permettra de faire un premier tri", indique l’échevin du folklore, Benoit Giroul. La ville va ensuite évaluer la quantité de déchets ramassée par les ouvriers communaux avec les balayeuses après les festivités : l’idée est évidemment qu’elle soit moindre que les années précédentes. "Le carnaval de Nivelles attire 50.000 personnes chaque année. Cela génère plus ou moins vingt tonnes de déchets, dont les gobelets et les bouteilles en verre. Nous espérons vraiment que cette quantité va diminuer cette année".

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