Caoutchouc Rouge Rouge Coltan, un film d'animation sur la colonisation du Congo

Un film d'animation qui s'adresse aux adultes et aux adolescents qui veulent découvrir l'histoire du Congo
2 images
Un film d'animation qui s'adresse aux adultes et aux adolescents qui veulent découvrir l'histoire du Congo - © DR

Souvenez-vous de vos cours d'histoire... Vous a-t-on parlé de la colonisation du Congo ? Si oui, est-on allé au-delà de Léopold II, le Roi bâtisseur et de son projet fou de donner une colonie à la Belgique ? Ou n'en a-t-on pas parlé du tout ? A l'heure où le nouveau Musée de l'Afrique, à Tervueren, se donne pour défi de regarder avec un sens critique l'histoire de la colonisation, un auteur et réalisateur montois, Jean-Pierre Griez, nous donne à découvrir son nouveau film : Caoutchouc rouge Rouge coltan. Le résultat de cinq années de travail, de nombreuses recherches, lectures et rencontres. Un film d'animation, original et émouvant.

Le fil rouge de cette histoire, c'est une jeune fille belge d'origine congolaise. Pour un travail scolaire, elle entreprend des recherches sur le coltan, ce matériau essentiel à la fabrication de nos téléphones portables. Un matériau au cœur d'une guerre qui déchire depuis des décennies l'est de la République démocratique du Congo. En plongeant dans l'histoire de sa famille, Abo nous emmène dans les souvenirs de ses ancêtres et remonte aux débuts de l'exploitation des richesses de son pays d'origine. Tout commence avec Léopold II et sa colonie privée, le travail forcé dans les exploitations de caoutchouc, les mains coupées qui servaient à contrôler l'usage des munitions, les crimes de guerre commis par l'armée coloniale.

Ces crimes sont d'ailleurs à l'origine du projet du film. Jean-Pierre Griez raconte qu'il a eu un jour la curiosité de faire des recherches sur le Commandant Lemaire, un personnage honoré dans sa commune, Cuesmes. Une statue et une rue lui rendent hommage. "Je passais régulièrement devant l'ancienne maison communale de Cuesmes où il y a un buste d'un monsieur qui s'appelle le Commandant Lemaire, ce buste avait été offert par le Cercle colonial de Cuesmes. Cela m'a intrigué et j'ai découvert que ce monsieur était un véritable criminel de guerre, responsable d'un grand nombre de massacres au Congo, du temps de Léopold II. On le sait aussi de façon très précise parce qu'à la fin de sa vie, il a regretté les actes qu'il a commis et il les a énumérés de façon très précise. Parmi ces actes, il y a le massacre de Tshamakele où 178 personnes sont mortes, enfumées dans une grotte".

Mais Caoutchouc Rouge Rouge Coltan ne s'arrête pas aux méfaits du Commandant Lemaire, le film évoque aussi les conditions de vie des noirs à l'époque du Congo belge et surtout les événements qui ont marqué l'indépendance : en particulier l'assassinat de Patrice Lumumba et l'accession au pouvoir de Mobutu.

Après le détour dans le passé, le film revient au présent. Le caoutchouc qui a attisé toutes les convoitises est remplacé aujourd'hui par le coltan, ce produit précieux pour les industries occidentales est à l'origine de trafics, de conflits et de guerre dans l'Est du Congo. Bref, en un peu plus d'une demi-heure, ce film d'animation nous donne un cours d'histoire peu banal. Il constitue un outil précieux pour les enseignants qui doivent aborder le thème avec leurs élèves. Et une leçon de rattrapage pour les adultes qui ont grandi dans un pays trop longtemps frappé d'amnésie.  

Pour voir la bande-annonce, cliquez ici.

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK