Cannabis social club de Namur: "Nous sommes des militants, pas des délinquants"

Le procès du cannabis social club de Namur s'est tenu ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel
Le procès du cannabis social club de Namur s'est tenu ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel - © RTBF - flou

Le procès du Cannabis social club de Namur s'est tenu ce vendredi matin devant le tribunal correctionnel. Cinq personnes sont poursuivies pour trafic de stupéfiants. Ils avaient, en 2013, créé une asbl pour cultiver et vendre du cannabis à leurs membres. Pour eux, ce projet était conforme à la politique actuelle des Parquets belges, qui ne poursuivent plus les simples consommateurs ni même les personnes qui cultivent un plant de cannabis chez eux.

Mais le Parquet de Namur ne l'entend pas de cette oreille. "Nul n'est censé ignorer la loi", a rappelé en substance la substitute du procureur du Roi. Et il n'est pas permis de produire et de vendre du cannabis en Belgique. En l'occurrence, c'est plus de 4 kilos de marijuana que la police a saisis dans les locaux du cannabis club de Namur en juillet 2014. On est très loin, constate le Parquet, d'une possession de trois grammes par personne tolérée en Belgique.

"La loi n'est plus claire"

"Pas d'accord !, a répondu maître Blaise Ghesquière, qui défend un des administrateurs de l'asbl. Il n'y avait pas plus de plants de cannabis que de membres cotisants : un plant par personne. Le Cannabis club est resté dans les limites d'une production pour la consommation personnelle, qui est tolérée en Belgique depuis 2005."

"La loi n'est plus claire, a insisté pour sa part maître Pierre-Jean-Richard, qui défend un autre fondateur de l'asbl. La circulaire des Parquets de 2005 prône une tolérance par rapport à la consommation personnelle de cannabis ; et dans l'esprit du public, c'est donc permis."

"Nos clients sont des militants, pas des délinquants"

Les avocats de la défense n'ont pas manqué de rappeler que plusieurs Etats américains mais aussi maintenant le Canada ont libéralisé le cannabis. Que le débat évolue rapidement. Et que chez nous, à Mons, ce sont les pouvoirs communaux eux-mêmes qui envisagent une expérience-pilote comparable.

"Nos clients sont des militants, pas de délinquants", ont conclu les avocats, qui demandent l'acquittement. Après quatre ans de procédure, le tribunal correctionnel a promis d'aller vite. Jugement le 7 septembre.

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