Cannabis: deux arrestations malgré une volonté affichée de transparence

Dans le projet de Ma Weed Perso, il est prévu de cultiver, dans un endroit sécurisé, un plant de cannabis par membre.
Dans le projet de Ma Weed Perso, il est prévu de cultiver, dans un endroit sécurisé, un plant de cannabis par membre. - © Belga

Deux jeunes habitants de Soumagne sont sous mandat d'arrêt. Ils avaient fondé très officiellement une association de protection des petits consommateurs d'herbe. Celle-ci venait de démarrer. Ses fondateurs l’avaient baptisée Ma Weed Perso. Ces dernières années, la législation s'est assouplie concernant l'usage du cannabis, mais cette histoire illustre que la tolérance envers les drogues douces reste sujette à interprétations.

Ils ont une vingtaine d'années, et en avril dernier, ils ont publié au Moniteur belge (le journal officiel), les statuts de l'association Ma Weed Perso. Elle se donne pour but de lutter contre le marché illégal de stupéfiants, et l'encadrement des consommateurs à usage personnel.

Concrètement, il est prévu de cultiver, dans un endroit sécurisé, un plant de cannabis par membre. Les fondateurs du groupement vont même jusqu'à prévenir la police zonale du projet de leur association. Il faut dire qu'elle correspond à des orientations déjà exprimées par la ministre de la Santé, notamment lors des travaux parlementaires de la nouvelle loi, et que des initiatives du même genre existent, notamment en région anversoise. Et les activités ont donc démarré, sans souci...

Jusqu'à ce lundi: les deux administrateurs ont été perquisitionnés, et une juge d'instruction les a envoyés en prison, pour incitation et détention de substances illicites.

Pour leur avocat, il s'agit clairement de mandats d'arrêt abusifs. Ni la volonté de transparence de l'association, ni le souci du respect des règles ne suffisent, apparemment, à clamer les ardeurs de la magistrature.

Michel Grétry

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