Canicule: les châteaux d'eau à la limite de leurs capacités de production

Ce lundi, la Société Wallonne des Eaux (SWDE) a décidé d'imposer des restrictions dans neuf nouvelles communes, qui s'ajoutent à une liste de six communes déjà annoncée précédemment. La SWDE indique avoir pris contact avec les communes concernées "pour qu'elles imposent des mesures d'économies de la consommation d'eau potable afin de prévenir toute rupture de la distribution d'eau." Car pour la société publique, le spectre d'un défaut d'approvisionnement en eau potable dans certaines communes commence à devenir plausible. Plus la canicule s'allonge, plus l'alimentation en eau de tous les wallons devient un casse-tête pour les ingénieurs de la SWDE.

Au château d'eau de Loverval, dans l'entité de Gerpinnes, 10.000 mètres cube d'eau transitent chaque jour afin d'alimenter le grand Charleroi. Des réserves gigantesques qui en ce moment, semblent pourtant bien peu de choses à Valérie Stissen, l'ingénieure d'exploitation chargée de surveiller la zone pour la SWDE : "En temps normal ces réserves sont plus que suffisantes pour alimenter Charleroi. Mais il arrive que l'on ait des difficultés, soit à cause d'un défaut d'approvisionnement, soit à cause d'une consommation trop importante" explique-t-elle. Une consommation d'eau plus importante, c'est habituel en plein été. Remplir les piscines, arroser les pelouses ou simplement s'hydrater en permanence, cela nécessite forcément plus d'eau. Et lorsqu'un château d'eau n'arrive plus à suivre, un second, avec plus de réserves disponibles, doit lui venir en aide. Mais en cette période de canicule prolongée, la consommation augmente tellement qu'on en arrive aux limites des capacités de production du réseau. "En ce moment on est en difficulté partout. Tous les châteaux d'eau sont sollicités. Ce qui nous demande un travail quotidien assez important. C'est gérable mais la quantité de travail nécessaire cet été est exceptionnel" ajoute Valérie Stissen.

Des solutions temporaires qui atteignent leurs limites

Cet important travail quotidien des techniciens de la SWDE, s'effectue notamment dans un centre de commande situé à Couillet. Débit, pression, réserves disponibles, tout est surveillé en permanence sur les écrans d'ordinateurs. Et les analystes tirent désormais la sonnette d'alarme : "Lorsque l'on met en place des solutions alternatives pour assurer l'approvisionnement en eau, ce sont en principe des solutions temporaires. Mais ici le temporaire durent depuis un mois et demi et avec l'été que nous connaissons même ces solutions complémentaires en arrivent parfois à leurs limites, ça devient difficile à suivre" prévient Benoit Moulin, le porte-parole de la SWDE. Tant que l'eau continue de couler de son robinet, le consommateur final ignore souvent tout de ces difficultés d'approvisionnement. D'autant qu'on ne parle heureusement pas encore de pénurie d'eau en Wallonie. Mais pour certaines communes à risque, notamment des communes très touristiques où la population augmente fortement en été, la SWDE a donc préféré prendre des mesures de précaution.

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