Camping: des habitués dénoncent l'augmentation de prix et de standing

"Campeurs en colère". Voilà ce qui est écrit sur quelques affiches installées à l’entrée du camping de Florenville. Les propriétaires de caravanes résidentielles viennent d’apprendre la nouvelle : d’ici trois mois, de grands travaux de rénovation vont commencer. Et leurs caravanes devront partir du terrain.

Un camping plus luxueux

Le terrain appartient à la commune de Florenville. C’est cette dernière qui a lancé ce projet de rénovation en 2017. La commune a choisi de faire appel au gestionnaire français "Flower Camping", qui gère plus de 130 campings en France, pour moderniser les lieux.

Il est vrai que des travaux de rénovation sont nécessaires : certaines résidences ne sont pas raccordées à l’eau ou à l’électricité, et il faut réparer la fuite importante dans la piscine. Un coup de frais que l’on attendait depuis longtemps dans ce camping qui existe depuis des dizaines d’années. "Flower Camping" promet "des résidences mobiles dotées d’un haut niveau de confort et de prestation […] à la hauteur du site touristique remarquable de Florenville."

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Sur le catalogue de présentation du projet, voici les bungalows plus luxueux proposés © Tous droits réservés
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A l'entrée du camping "La Rosière", des pancartes installées par les habitués © Tous droits réservés
A l'entrée du camping "La Rosière", des pancartes installées par les habitués © Tous droits réservés

Mais des campeurs en colère

Seulement voilà, si les campeurs habitués attendaient impatiemment ces rénovations, ils ignoraient que leurs résidences seraient progressivement retirées du camping. "Certains d’entre nous ont trois mois pour partir. Mais déplacer une caravane résidentielle dans un autre endroit, ça coûte beaucoup d’argent… Il faut compter un millier d’euros pour le déplacement", raconte Véronique Caille, l’une des propriétaires.

D’autres résidents venaient à peine de faire un emprunt pour une nouvelle caravane. C’est le cas d’Isabelle Stassin : "Je devais avoir les clés ce week-end… Et je comptais vendre ma caravane actuelle pour pouvoir rembourser mon emprunt. Mais là, comme je dois partir du terrain, je ne sais pas comment je vais faire, et je me retrouve avec un crédit sur le dos !".

Car rester est impossible pour la plupart des habitués. "Il faut compter 35.000 euros pour l’un de ces nouveaux bungalows, et ça, c’est pour le plus basique. On ne peut pas se permettre une telle somme", dénonce Sylviane Caufriez, qui avait acheté en 1996.

Un déchirement

Au-delà de l’aspect économique, c’est surtout la convivialité du lieu qui va profondément changer. "Ici on est comme une famille, tout le monde se connaît, on se retrouve chaque année ici. On est des ouvriers, et ici, c’est notre petit coin de paradis où nos enfants peuvent jouer librement dans la nature", regrette Véronique Caille. " Aujourd’hui, on ne pense plus qu’à l’argent, l’argent, l’argent, mais ce n’est pas ça, l’esprit du camping".

Du côté du syndicat d’initiative, qui gérait jusque-là le camping, on regrette également un manque de communication de la part de la commune au sujet de la transformation. "Nous savions que des travaux de rénovation étaient au programme, mais nous n’étions pas informés de l’ampleur de la transformation. Nous l’avons appris en même temps que les campeurs…", déclare Alain Mahieu, président du syndicat d’initiative.

Nous avons contacté la commune, qui n’a pas donné suite à notre demande d’interview. En attendant, les habitués du camping de Florenville vont tenter de profiter de ce qui pourrait être leur dernier été tous ensemble.

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