C'est quoi, le dossier Stéphane Moreau ?

Stéphane Moreau, bourgmestre d'Ans
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Le dossier Stéphane Moreau, du nom du bourgmestre d'Ans, a été mis à l'instruction par le Procureur du Roi de Liège, à l'époque Danièle Reynders, à la suite d'une lettre anonyme, reçue en 2008. L'instruction s'est ensuite développée dans trois directions. Un rappel n'est pas superflu...

Le groupe Tecteo

Le premier volet concerne l'intercommunale d'énergie Tecteo (aujourd'hui Nethys, la "maison-mère" de Voo), dont Stéphane Moreau est administrateur-délégué. Il est soupçonné d'abus de biens sociaux pour avoir mis à la disposition de l'un ou l'autre camarade de parti des camionnettes de la firme, pour des campagnes d'affichage électoral, et, parfois, d'avoir revendu à vil prix ces engins, voués à "déclassement". L'intéressé nie, mais il a été inculpé, par lettre recommandée, de détournement de véhicules usagés

La compagnie Ethias

Le deuxième volet concerne l'assureur Ethias, qui est intervenu en couverture des dégâts provoqués par la chute d'un arbre, au cours d'un orage, dans une propriété de Stéphane Moreau, dégâts sur la marquise et la cuisine d'une maison voisine. Au moment du sinistre, Stéphane Moreau n'est pas protégé par un contrat en responsabilité familiale. Le juge Richard a longtemps subodoré un contrat antidaté, ce que le code pénal qualifierait de faux et usage de faux. Ce n'est pourtant pas le cas: selon nos informations, Stéphane Moreau a sollicité, et obtenu, un geste commercial, une intervention de la compagnie alors qu'elle n'y est pas légalement tenue. Cinq membres du personnel ont été inculpés. Le conseil d'administration d'Ethias n'a pas déposé de déclaration de préjudice dans cette affaire, et ne semble pas considérer que ses employés ont commis de faute. Il n'empêche: un "geste commercial" à 50.000€, ce n'est pas très ordinaire.

La Société de Logement du Plateau

Le troisième volet concerne la Société de Logement du Plateau, un organisme d'habitations sociales, dont Stéphane Moreau est vice-président, et où sa mère a été employée. Sa carrière a été artificiellement allongée de dix ans, lorsqu'elle a été embauchée afin d'augmenter le capital dont elle pourrait bénéficier, lors de son départ à la retraite, dans le cadre d'une assurances de groupe gérée par la compagnie Ethias. Ce type de gratification n'est peut-être pas exceptionnel. Ce genre de valorisation est encadré par la loi. Mais la justice liégeoise cherche à vérifier si l'octroi de ce "cadeau" ne résulte pas d'un trafic d'influence, ou n'est pas constitutif d'une prise d'intérêt.

Michel Gretry

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