C'est la saison du houblon, à la brasserie Dubuisson aussi

Début septembre, c’est la période à laquelle le houblon arrive à maturité. Luc Lagache, cultivateur à Warneton, le voit bien à la couleur bien verte de ses fleurs et aussi au léger craquement qu’elles font quand il les prend entre ses doigts. Armé d’une cisaille, il sectionne la base de tous les plants qui ont poussé le long de fils tendus verticalement. "Ça commence à pousser au mois de mai et il faut surveiller car ça pousse de 20 cm par jour ! Il faut alors les guider le long du fil de fer".

Ce spécialiste du houblon, un des seuls en Hainaut, explique être "tombé dedans" quand il était petit. C’est donc tout logiquement que la brasserie Dubuisson a fait appel à lui pour cultiver la parcelle plantée juste à côté de ses installations.

 

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C'est la saison du houblon, à la brasserie Dubuisson aussi © RTBF
Dubuisson © RTBF
L'or vert © RTBF

Le sel et le poivre de la bière

"L’idée est d’être un peu didactique par rapport à cette plante ancestrale dans nos régions mais qui n’est pas beaucoup cultivée", explique Antonin Maes, ingénieur brasseur.

La petite parcelle d'un demi hectare plantée ici couvrira d’ailleurs à peine 10% des besoins de la brasserie. Le reste viendra de chez Luc Lagache à Warneton, mais aussi d'Angleterre et de Tchéquie pour aromatiser les bières produites ici. "Le houblon n’est pas l’ingrédient principal de la bière, mais il est indispensable à sa fabrication. Elle est comme le sel et le poivre pour un steak, c’est elle qui lui donne son goût, qui va de l’amertume, à des notes plus florales ou plus citronnées, selon les variétés".

Séché à Warneton, transformé en Angleterre

Perché à plusieurs mètres de hauteur, faucille en main, Luc Lagache décroche les longues lianes chargées de ces fleurs au parfum particulier et les entasse sur la remorque de son petit tracteur.

Sur le parking, le camion attend pour les emmener à Warneton pour le séchage. "Il ne faut pas traîner, précise-t-il. Cela doit être séché très vite, à une température de 55°, pas plus, pour ne pas perdre ses qualités aromatiques".

Le houblon ne reviendra pas directement à la brasserie : il fera un petit détour par l’Angleterre où il sera compacté sous forme de pellets. Ils pourront enfin être ajoutés à la bière, mais nous n’en connaîtrons pas les proportions précises : ça, c’est le secret du brasseur.

Stéphanie Vandreck

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