Buizingen, c'était il y a deux ans

L'accident de Buizingen
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L'accident de Buizingen - © Belga - Virginie Lefour

Le lundi 15 février 2010 vers 8h30, sur la ligne 96 à hauteur de la commune de Buizingen, un train venant de Louvain et circulant vers Braine-le-Comte entre en collision avec un train venant de Quiévrain et se dirigeant vers Liège…

Tels sont les faits qui, il y a juste deux ans, dans toute leur froideur, vont bouleverser la vie de dizaines de familles.  Et cette journée sera d’autant plus terrible qu’aux faits se grefferont -pour les familles et les proches- les incertitudes. 

Pendant de longues heures en effet, les chaînes d’infos égrèneront un chapelet de nouvelles contradictoires au gré des déclarations des différentes sources consultées : Infrabel, la SNCB, les services de police, le parquet de Bruxelles, le gouverneur du Brabant flamand, les différents hôpitaux et services de secours comme les pompiers, la Croix-Rouge, … Toutes ces sources vont livrer des informations en constante évolution faisant subir un insupportable jeu de yo-yo au bilan chiffré des victimes et une impossibilité de mettre des noms sur nombre d’entre elles.

Des images insupportables

La vue des journaux télévisés de la mi-journée lèvera toute équivoque quant à la gravité des faits : le train venant de Louvain s’est soulevé sous la violence du choc et des wagons sont versés sur le flanc. Une armée de secouristes porte secours aux différentes victimes qui seront accueillies au centre sportif de Buizingen et acheminés vers les différents hôpitaux en fonction de la gravité de leurs blessures.

Le bilan

On ne connaîtra que bien plus tard le bilan définitif : 19 morts dont la plupart avaient pris le train à Saint-Ghislain, Mons ou Braine-Le-Comte. Quant au nombre de blessés, il se chiffre à 125 dont certains plus grièvement atteints resteront de longues semaines à l’hôpital.

Les responsabilités

Deux ans après les faits, l’expertise n’est toujours pas terminée. Au début de l’enquête la possibilité de la responsabilité d’un des conducteurs dans le franchissement d’un feu rouge avait été évoquée mais celui-ci l’a toujours nié.  

Les signaux lumineux ont également été expertisés. Une seule chose est sûre aucun des deux trains impliqués n’était équipé de système de freinage d’urgence…  

Le rapport des experts devra éclaircir de nombreuses interrogations humaines et techniques. Un premier rapport est attendu fin mars, les autres suivront.

Les familles de victimes

Et justement de ce rapport des experts, il en a été question quand les familles des personnes décédées ou grièvement blessées lors de l’accident ont été invitées mi-janvier au parquet de Bruxelles pour une session d’information. 

Lors de cette rencontre, il leur a été signifié qu’on attendait ce fameux rapport. Un rapport que la majorité des victimes –qui sont francophones- devront traduire dans la langue de Molière, les experts étant néerlandophones. Une fois ce rapport sur la table, la Justice devra déterminer les responsabilités de chacun avant la date butoir de la prescription qui tombe en 2020.

Le souvenir

La commémoration officielle de l’accident, en présence des gouverneurs des Provinces du Brabant flamand et de Hainaut est prévue ce samedi 18 février sur la place de Buizingen au mémorial érigé en hommage aux victimes de la catastrophe.  

Mais avant cette commémoration officielle, le groupe des familles endeuillées a programmé une action ce mercredi  devant les gares de Jurbise, Mons, Braine-Le-Comte, Quaregnon et Saint-Ghislain. Vers sept heures du matin, des proches de ces victimes procédaient à la distribution d’un tract d’hommage appelant au souvenir des victimes, qui, elles aussi, avaient pris le train tôt le matin le 15 février 2010…

Manu Delporte était sur place ce matin à Saint-Ghislain, elle a tendu son micro à quelques-uns de ces proches, écoutez leurs témoignages ci-contre.

Vincent Clérin

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