Nouveaux eVillos: le deal fait déjà grincer des dents

Quelque 1800 eVillo ! débarquent dans 360 stations de la Région de Bruxelles Capitale. Ce sont des Villos classiques mais avec une assistance électrique… portative. La batterie vous appartient, vous la branchez sur l’eVillo quand vous empruntez ces bicyclettes en libre-service.

Plus d’un tiers de la flotte des vélos de JCDecaux est aujourd’hui équipé pour accueillir cette batterie. Ils sont "hybrides". Comprenez que vous pouvez rouler avec ou sans la batterie. Pour obtenir cette assistance électrique, il faut souscrire à l’option pour 4,15 euros par mois en plus de l’abonnement Villo classique qui est de  34,70 euros par an. L’abonné reçoit alors sa propre batterie portative et rechargeable à brancher à l’avant du nouveau modèle. "Cette batterie compacte tient facilement dans une poche ou dans un sac à main, se recharge en 2 heures, via un port USB-C et offre une autonomie de 8 à 10 km", explique l’entreprise de publicité lors de la conférence de presse de ce matin.

Le politique compte sur cette offre pour fluidifier les rues de Bruxelles. "Nous investissons dans de nouvelles infrastructures cyclables et nous lançons l’offre eVillo !, déclare Elke Van den Brandt, Ministre de la Mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale. En augmentant la facilité d’utilisation des vélos de partage, Villo ! sera un véritable acteur de changement pour un Bruxelles plus fluide."

 

"Un panneau consomme l'équivalent de deux ménages" 

Ces eVillos sont gérés par la multinationale de panneaux publicitaires JCDecaux à la demande de la Région bruxelloise. Le deal: JC Decaux transforme un tiers de sa flotte en vélos électriques, contre la transformation d'un tiers de ses panneaux publicitaires traditionnels en panneaux numériques. En février dernier, six communes bruxelloises ont rendu un avis négatif pour l'installation de ces panneaux

En cause leur consommation excessive d'énergie, comme le fait remarquer cet internaute sur Twitter. Il se présente comme "ingénieur en nano électronique" et fait remarquer que "chaque panneau consomme l’équivalent de deux ménages et génère 1.5 tonnes de CO2 par an".

À la lecture de cet échange de tweets, on peut constater que malgré l'avis défavorable de certaines communes, la Région a tout de même installé les stations d'eVillos. Et les communes ne sont pas les seules à grincer des dents. Dans l'opposition régionale, le député humaniste Christophe De Beukelaer estime que la Région paye trop cher un service médiocre. "Le système de borne est dépassé. Villo propose un système électrique mais il faudrait avoir la batterie sur soi... il ne faut donc pas l'oublier. De plus, l'autonomie est très limitée... Tout ça pour un coût très élevé. Car derrière cela, il y a un énorme subside public puisque JCDecaux peut exploiter des espaces publicitaires.

Les panneaux publicitaires à côté des bornes de vélos électriques ne sont plus de simples affiches déroulantes. Il s'agit de panneaux, numériques. Autrement dit, des écrans... parfois trop grands aux yeux du député pour qui, les deux marchés, celui de la pub et celui de la mobilité, doivent être scindés. "L'avenir du vélo partagé se trouve plutôt dans les 'free-flotting' comme Jump ou Billy Bike. C'est un service bien meilleur avec des vélos de bien meilleure qualité."

Billy Bike candidat pour un autre partenariat avec la région

Du côté de Billy Bike justement, on ne voit pas l'arrivée des eVillos d'un mauvais œil. "On est très heureux de voir plus de vélos électriques à Bruxelles car cela va aider la culture du vélo à s'installer, réagit Pierre de Schaetzen, cofondateur de l'entreprise aux vélos noirs et bleus. Le système eVillo a ses limites et le jour où l'utilisateur voudra plus de flexibilité, il viendra chez Billy Bike par exemple."

Des services complémentaires également d'un point de vue territorial. Les sociétés de vélos privés comme Billy Bike et Jump n'offrent pas leurs services sur tout le territoire de la Région de Bruxelles Capitale. Les Villos, oui. "C'est la grosse problématique à Bruxelles, admet le cofondateur de Billy Bike. Les réalités économiques font que le prix des acteurs privés reste élevé pour le consommateur. On opère dans une zone assez centrale, là où il y a le plus de demandes. Il y a donc une fracture de mobilité entre l'est et l'ouest de Bruxelles."

Billy Bike attend une prise de position de la part du gouvernement bruxellois pour pouvoir offrir un service de vélos partagés aux Bruxellois sans la contrainte de devoir ramener un vélo à sa borne. "Evidemment, on est candidat pour participer à une collaboration", conclut Pierre de Schaetzen.

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