Bruxelles : vieux ascenseurs, un patrimoine en sursis

Vieux ascenseurs : un patrimoine en sursis
3 images
Vieux ascenseurs : un patrimoine en sursis - © RTBF

Ils sont encore des milliers en fonctionnement à travers la Belgique. Mais pour combien de temps? A l'occasion des journées du patrimoine à Bruxelles, l'asbl "Save Our Elevators" (Sauvons Nos Ascenseurs) organise ces samedi et dimanche des visites guidées de ces ancêtres en bois ou fer forgé, afin de sensibiliser le grand public à la cause de ce patrimoine en danger.

Rendez-vous est donné Avenue Paul Deschanel, à Schaerbeek. Dans le quartier, ces ascenseurs ont poussé comme des champignons, en même temps que les belles bâtisses qui les abritent, durant l'entre-deux-guerres.

C'est un peu comme quand on s'envole dans un avion

"Il y a trois personnes qui peuvent entrer. Peut-être quatre en se tassant un petit peu." Petit groupe par petit groupe, la dizaine de visiteurs fait ce voyage dans le temps.

"C'est bizarre, ça fait très peu de bruit en fait", commente un homme. "C'est un peu comme quand on s'envole dans un avion, compare cette dame. Il y a quelque chose qui monte comme ça, c'est très agréable. Et puis ça me replonge dans mon enfance. Parce que mon grand-père avait un immeuble à Liège avec un ascenseur de ce type-là. Et parce que ma maman habite dans un immeuble Avenue Franklin Roosevelt où ils ont un souci parce qu'on les oblige à homologuer leur ascenseur et à faire des travaux."

C'est une atteinte au patrimoine et à la propriété privée

Un arrêté royal de 2003 impose aux propriétaires de ces ascenseurs une modernisation et une sécurisation. Logique, dans certaine mesure, mais les normes sont très strictes et les matériaux exigés pas toujours d'origine. "A la fin, quand on rajouté du plexiglas, du polycarbonate, du béton et de l'aluminium, ça ne ressemble plus à rien", déplore Françoise Debarre, de l'asbl Save Our Elevators. Et tout ça, si l'on suit la filière classique, pour un prix "astronomique. Chez nous, on a deux cabines. Si on suit toutes les instructions, on en aurait pour 100 000 euros", explique celle qui est aussi propriétaire d'un appartement dans un immeuble Art déco de 1928.

Mais une modernisation moins coûteuse et respectueuse du patrimoine est possible, selon l'association, en passant par la filière des artisans. Et c'est là que ça bloque. Dans un immeuble dont l'ascenseur vient d'être rénové, on croise l'artisan qui s'est chargé de cette modernisation. Vous ne connaitrez pas son nom, surtout pas de publicité, il a trop de travail : "Je suis en voie de disparition. Je crois que j'étais le premier à faire ça et que je serai le dernier. Mais il y a de l'espoir. Hier, j'étais très heureux car des artisans de Charleroi m'ont demandé de les aider à s'y mettre."

Afin que  "modernisation ne rime pas avec destruction", l'association Save Our Elevators profite de ces journées du patrimoine pour lancer une pétition qui sera bientôt envoyée au gouvernement.

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK