Bruxelles: une trentaine d'avocates dénoncent le sexisme au sein de la justice

Une trentaine d'avocates ont mené une action de protestation lundi matin, au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, pour dénoncer le sexisme au sein de la justice. Sur les marches du Palais de Justice de Bruxelles, elles ont scandé "un violador en tu camino" (un violeur sur ton chemin, NDLR), une performance chilienne visant à dénoncer les violations des droits des femmes.
 

"En tant que femmes avocates, nous sommes confrontées aux injustices que subissent nos clientes, mais aussi au sexisme à l'œuvre au sein de la profession et du barreau", explique Me Mieke Van den Broeck.

"Nous devons bien souvent décevoir nos clientes parce qu'il ne se passe rien ou peu en leur faveur derrière les portes du palais", poursuit-elle. "Les plaintes pour viol ou violence intrafamiliale sont peu poursuivies ou finissent classées sans suite, les enquêtes ne sont pas assez poussées. Les femmes seules avec enfants ne peuvent prétendre au soutien des CPAS parce qu'elles ne sont pas assez disponibles sur le marché de l'emploi. Certaines femmes sont renvoyées dans leur pays d'origine, où elles ont fui un mariage forcé ou les mutilations génitales, après avoir été victimes d'exploitation sexuelle sur la route".

Selon les protestataires, le sexisme est également prégnant dans la profession. "Nous avons encore pu le constater cette semaine dans la presse: de jeunes stagiaires victimes d'intimidations ou harcelées, des avocates soumises aux remarques sexistes, etc. Une enquête a également démontré que les avocates gagnaient moitié moins que leurs confrères masculins et qu'elles quittaient massivement le barreau après cinq ans en raison de la difficile conciliation entre vie professionnelle et familiale, ou des obstacles qui freinent leur carrière. Les femmes représentent la majorité des étudiants et des jeunes praticiens du droit, pourtant elles sont minoritaires dans les hautes fonctions, et ce dans tous les départements de la justice. Les chiffres montrent clairement un plafond de verre".

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