Bruxelles: une marche silencieuse en hommage aux migrants décédés

Plus d'un millier de personnes ont pris part jeudi en fin de matinée à Bruxelles à la "marche funèbre" organisée par plusieurs associations, dont Amnesty International, le CIRE et la Ligue des Droits de l'Homme. Une initiative mise en place à l'occasion d'une réunion extraordinaire du Conseil européen consacrée aux pressions migratoires en Méditerranée. Les participants ont plaidé pour une approche humanitaire plutôt que sécuritaire. La marche a pris fin vers 13h00.

"Nos revendications sont très claires par rapport à l’Union européenne. La Commission est sortie avec dix propositions d’urgence. En fait, ce que la Commission propose, c’est more of the same, continuez à faire encore plus de la même chose. Cela nous fait très peur", explique Nicolas Van Nuffel (responsable plaidoyer au CNCD - le Centre National de Coopération au Développement).

"Ce qu’il faut, poursuit notre interlocuteur, c’est un changement complet des politiques migratoires européennes. Concrètement, cela veut dire qu’il faut reprendre les opérations de sauvetage qui avaient été interrompues. Il y a eu un programme qui avait été lancé par l’Italie, qui s’appelait Mare Nostrum, qui était là pour sauver des vies. On y a mis fin pour revenir à une optique, qui est purement policière, de chercher à arrêter les gens." En résumé : reprendre les sauvetages.

Et deuxièmement : "Il faut mutualiser les politiques migratoires au niveau européen. Il n’est pas normal que les pays, qui sont en première ligne (l’Italie, l’Espagne, la Grèce), prennent toutes les responsabilités. Au-delà de cela, l’Europe est responsable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui, par les politiques qu’elle mène dans un tas de domaines : c’est nos politiques qui font que le climat se réchauffe ; que nous sommes aussi la cause de toute une série de guerres. Or, les gens qui viennent vers l’Europe y viennent simplement pour avoir une vie digne parce que ce n’est pas possible dans leur pays."

Les participants plaident pour pour une approche humanitaire plutôt que sécuritaire

Selon Belga, plus de 1.000 personnes ont marché vers la place de la Liberté autour de trois cercueils qui devaient être symboliquement transportés jusqu'au quartier européen, selon Valérie Michaux, porte-parole d'Amnesty International. Les "marcheurs" ont brandi des slogans tels que "Sauvez des vies", "People Before Borders" ou encore "Never Again". Les organisateurs ont prié les manifestants de marcher dans le silence, "pour respecter les drames qui se sont passés", faisant ainsi notamment référence au naufrage d'un chalutier transportant des migrants qui a fait 800 morts.

La marche s'est dirigée vers le Conseil européen, où une réunion extraordinaire sur la question migratoire a lieu entre les dirigeants de l'Union européenne. "La politique migratoire européenne actuelle a pour conséquence de tuer des gens plutôt que de les sauver", dénonce Valérie Michaux. "Nous plaidons pour une action humanitaire concertée d'envergure. Avec Frontex (l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de l'UE, ndlr), on ne se donne pas de moyens suffisants. Les migrants ont le droit de recevoir une protection nécessaire dans nos pays."

"Arrêtez les mesures répressives et mettez en œuvre des voies légales pour les personnes qui ont besoin de votre protection", a lancé un représentant du CIRE à l'intention des dirigeants européens, devant le rond-point Schuman.

"Nous sommes des êtres humains et nous désirons vivre en tant que tels", a renchéri un manifestant.

La Coordination de Sans-Papiers Bruxelles a également appelé à une "marche sans-papiers, au départ de la gare du Midi le 3 mai prochain.

RTBF et Belga

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