Une école néerlandophone fait échouer un élève avec 70% de moyenne: "ça relève de l'autonomie du PO"

Peut-on faire recommencer un élève quand il a une moyenne générale de 70% ? C’est ce qui est arrivé dans une école primaire néerlandophone à Laeken en Région Bruxelloise. Selon le conseil de classe: Mohammed, 6 ans, n’a pas obtenu les compétences suffisantes pour passer en deuxième primaire dans leur école. Il doit alors recommencer sa première ou changer d’établissement.  

Tout commence en début d’année scolaire dernière, les parents du petit Mohammed décident de l’inscrire dans une école néerlandophone à Laeken. "À Bruxelles, les employeurs demandent de plus en plus de néerlandophones. Nous avons décidé de l’inscrire dans cette école pour lui permettre d’avoir le travail qu’il veut plus tard", explique, sa maman, Mounia Krai.

Les débuts sont difficiles, l’enfant est en échec en néerlandais. Les parents l’aident à se remettre à niveau. Après des cours de remédiation et beaucoup de progrès, Mohammed obtient une moyenne générale en juin de 72,8%. Un résultat insuffisant pour le conseil de classe : "le conseil de classe et l’école n’ont pas voulu constater les progrès que mon fils a fait", confie Mounia.  

La décision du conseil de classe est que Mohammed doit recommencer sa première primaire ou changer d’école.

Un seuil de réussite fixé à 80%

80 % serait le seuil de réussite fixé implicitement par l’école. La pratique est jugée aberrante par Jonathan Fischbach, l’administrateur d’enseignons.be, une plateforme d’entraide pour professeurs : "je n’imagine pas qu’un élève qui n’atteindrait pas 80% de moyenne générale se verrait refuser le passage dans l’année supérieure. À 6 ans, il faut s’adapter à l’école, il faut qu’il puisse progresser. Ça n’a pas de sens. Un élève qui redouble dans le fondamental a beaucoup plus de chances statistiquement de redoubler dans le secondaire".

Gérard Legrand, Inspecteur général de l'enseignement fondamental en Fédération Wallonie-Bruxelles précise que la moyenne à 50% doit être respectée pour toutes les épreuves certificatives comme le CEB. Pour le reste, on entre dans l'autonomie des différents pouvoirs organisateurs, même si dans les faits, c'est bien souvent cette moyenne de 50% qui est d'application.

UNIA soutient la famille

La famille interpelle alors UNIA, l’organisme qui lutte contre la discrimination. "Ce que l’on reproche à la direction de l’école, c’est d’obliger les enfants à changer soudainement d’école, de quitter leurs camarades… Même quand l’élève a fait de son mieux pour réussir", s’indigne Lautfi Krai, l’oncle de Mohammed.

Patrick Charlier le directeur d’UNIA, interrogé sur le sujet répond: "ce que l’on a remarqué c’est que souvent les décisions du conseil de classe diffèrent en fonction de l’origine : si l’enfant est d’origine étrangère ou d’une classe socio-économique moins favorisée".

Une plainte a été déposée par les parents devant la commission des plaintes, Katholiek Onderwijs Vlanderen. Celle-ci vient de leur répondre qu'elle était recevable, même si la plainte porte sur une matière qui relève de l'autonomie de l'école. La commission estime en effet qu'elle peut évaluer "l'approche de la direction de l'école" pour traiter de cette plainte. Une réunion avec toutes les parties se tiendra le 19 septembre prochain à 15h.

Contactés, la direction et le pouvoir organisateur de l’école ne veulent pas accorder d’interview.

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