Molenbeek: un collectif s'approprie un immeuble vide et s'attire les foudres du propriétaire

Le collectif de la Voix des Sans-Papiers a préparé une opération secrète. Dans son viseur : un bâtiment privé inoccupé de Molenbeek pouvant servir de logement pour nonante personnes. Le groupe est entré sans aucune résistance.

La commune ne s'oppose pas à l'occupation 

Les esprits se sont échauffés lors de l'arrivée du propriétaire du bâtiment. Celui-ci a parlé de "vol de bâtiment et d'état de non-droit", tentant d'évacuer lui-même le lieu. Depuis, la tension retombe. Les chants et la musique reprennent dans le groupe. 

Un centre de crise a été ouvert face au bâtiment pour entendre le collectif et ce propriétaire ne voulant entendre parler de réquisition. Françoise Schepmans, l'actuelle bourgmestre, est attendue sur place pour jouer les médiateurs. La police n'a pas encore dû intervenir.

Contacté par nos soins, l'échevin du logement de Molenbeek-Saint-Jean, l'Ecolo Karim Majoros précise : "Il y a bien un permis de travaux délivré il y a plusieurs années pour ce bâtiment. La commune de Molenbeek ne va pas s'opposer à cette réquisition puisque nous confirmons que le bâtiment est vide depuis plusieurs années. Le mot d'ordre donné à la police est que l'intervention ne se fasse pas de manière hostile. La police assurera le bon déroulement de l'occupation dans les conditions de sécurité adéquates."

Ni la commune ni le propriétaire n'avaient été contactés. Pour le groupe, il s’agit d’une réquisition "festive et citoyenne" pour garantir un toit à des personnes en demande de régularisation, dont des femmes avec leurs enfants.  La revendication est claire : le droit au logement s'applique à tous.

Il s'agit de la première occupation depuis la loi anti-squat qui rend pénalement répréhensible l'occupation d'un immeuble sans l'accord du propriétaire. Depuis celle-ci, les délais d'expulsions sont réduit à huit jours. Un squatteur encourt quinze jours à deux ans de prison et une amende pouvant monter jusqu'à 300 euros. 

Le groupe allait être délogé

Ces personnes en attente avaient pour obligation de quitter l'ancien internat de la commune de Forest qu'elles avaient l'autorisation d'occuper jusqu'au 1er novembre. En effet, une occupation temporaire avait été négociée avec la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Modou, porte-parole de La Voix des Sans-Papiers, estime que cette nouvelle occupation est la seule solution: "L’article 21 de la constitution belge reconnaît le droit au logement! Pourtant,  nous n’avons aucune proposition de relogement des pouvoirs publics. Nous sommes donc obligés d'aller occuper un bâtiment vide et de faire appliquer nous-mêmes le droit au logement. Pour nous, il n’y a pas d’autres solutions pour éviter la rue et les températures hivernales que d’occuper des bâtiments vides".

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