Tir sur un bus à Anderlecht: les chauffeurs craignent pour leur sécurité

Dans les allées du dépôt, les bus entrent et sortent, entre un plein d'essence et une révision mécanique. D'ici, ils partent quadriller l'ouest de Bruxelles. Ce mercredi matin, les chauffeurs qui arrivent apprennent la nouvelle de la bouche de leurs collègues. "Un de nos collègues a été victime d’un tir à la carabine à plomb, raconte un chauffeur. Ca devient de pire en pire… Ca n’arrête pas. Ca n’existait pas ça, avant. Quand j’ai commencé, il y a presque douze ans, on n’entendait pas ce genre de choses!"

Cette nouvelle agression inquiète. Mustapha Akal, délégué de la CSC, le syndicat chrétien, s'étonne: "Un bus de douze mètres de long… On a tiré sur sa petite vitre latérale. Cette fois-ci, on a vraiment essayé de toucher le chauffeur. Heureusement, sa vitre était fermée."

La vitre était donc fermée "pour cette fois", nous disent les chauffeurs. Que se serait-il passé si la fenêtre avait été ouverte, si l'arme avait été plus puissante? Aujourd'hui, ces questions trottent dans la tête de ceux qui prennent le volant, mais celles-ci restent sans réponse...

Les chauffeurs de bus ont décidé de poursuivre le travail ce mercredi. Ils estiment, pour la plupart, que la direction de la STIB a réagi de manière adéquate après les tirs sur le bus. Toutefois, les travailleurs estiment que la société de transport leur demande d'exercer, depuis plusieurs mois, une tâche qui menace leur sécurité.

Une nouvelle tâche qui pose problème

Le titre de transport, c'est un des nouveaux problèmes qu'ils rencontrent. "Pendant des années, les gens ne devaient rien montrer, raconte un chauffeur. Du jour au lendemain, on doit vérifier les titres de transport. Depuis, il y a plus de problèmes. Pas dans toutes les lignes… Ca dépend les quartiers. Mais on sait dans quels quartiers on peut demander et dans quels quartiers il vaut mieux ne pas demander."

D’après les deux chauffeurs, au fil des années, le métier a bien changé. "Avant, on était motivé. Quand j’ai commencé, c’était bien de venir travailler à la STIB. Tout le monde nous respectait, que ça soit les personnes âgées, les jeunes, les moins jeunes. Maintenant, c’est fini. Il n’y a aucun respect. C’est un stress en plus dont on n’a pas besoin", déplore l'un d'eux.

Hélène Maquet – Delphine Wilputte

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