Bruxelles se remet timidement de la crise

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La reprise économique est un peu à la traîne à Bruxelles. Des trois régions du pays, c'est la Flandre qui se redresse le mieux de la crise. C'est ce qu'indique une étude récemment publiée par le Bureau Fédéral du Plan et les trois instituts régionaux de statistiques.

Selon une récente étude du Bureau Fédéral du Plan et des trois Instituts régionaux de Statistiques, la Flandre connaît une croissance de 1,6% en 2010, contre 1,3 % pour Bruxelles et la Wallonie. En 2009, c'est Bruxelles qui avait pourtant le mieux résisté à l'impact de la crise économique mondiale, alors que la Flandre était la plus durement touchée.

L'an dernier, le Produit Intérieur Brut de la capitale, c'est à dire la richesse produite à Bruxelles, reculait seulement de 2,5%. Le PIB avait alors régressé de 2,7% en Wallonie et de 3,3% en Flandre, touchée de plein fouet par la crise. "On peut l'expliquer par le poids un peu plus important de l'industrie en Flandre, et donc le fait que l'industrie a évidemment été plus durement touchée par la crise internationale, explique Francis Bossier, économiste au Bureau Fédéral du Plan. En plus, les services en Flandre ont également été un peu plus touchés par les effets de la crise." Par ailleurs, Bruxelles et la Wallonie comptent une part plus importante de services publics, des services moins sensibles à la crise. "Le poids des services non-marchands exerce un effet d'amortisseur sur la crise", poursuit l'économiste.

En 2010, scénario inverse : Bruxelles et la Wallonie se remettent de la crise un peu plus lentement que la Flandre. "La Flandre, qui est un peu plus industrielle, profite un peu plus de l'évolution internationale de la reprise, alors que les deux autres régions en profitent un peu moins", précise Francis Bossier.

Une modeste reprise de l'emploi en 2011

Point de vue emploi, c'est la Flandre qui a subi proportionnellement les plus grosses pertes, l'emploi qui souffre encore cette année dans les trois régions. Avec la reprise économique, l'emploi repartirait légèrement à la hausse en 2011, mais ce n'est qu'à partir de 2012 qu'il pourrait retrouver son niveau d'avant la crise.

En attendant, le chômage subira encore cette année les effets de la crise. "Il y aura encore des pertes d'emplois en 2010, et au total c'est en Flandre à nouveau que les pertes d'emplois sont les plus importantes du fait du recul de l'activité plus important en Flandre", relate Francis Bossier.

À Bruxelles, le taux de chômage pourrait dépasser cette année les 22%, contre 18% en Wallonie et 9% en Flandre. Mais à l'horizon 2015, la Région bruxelloise parviendrait toutefois à mieux maîtriser son taux de chômage que les deux autres régions. Davantage d'emplois dans la capitale profiteraient aussi aux Bruxellois, notamment parce que moins de navetteurs flamands et wallons viendraient travailler à Bruxelles. "Les navettes entrantes à Bruxelles ont eu tendance à se réduire du fait de la crise économique, et il semble qu'à moyen terme ces navettes se redressent mais ne se redressent pas de manière très importante, déclare l'économiste. Donc cela pourrait avoir des conséquences intéressantes sur le chômage bruxellois."

Cette projection doit être envisagée avec précaution. Elle suppose qu'une série de paramètres, politiques notamment, restent constants. Impossible à garantir, dans le contexte politique et économique actuel.

 

J.-Cl. Hennuy et N. Nahjari

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