Bruxelles : qui peut bénéficier d'une vaccination à domicile ?

Les équipes mobiles de vaccination ont entamé leur travail. À Bruxelles, quelque 15.000 doses devraient être administrées d’ici la fin du mois de juin. Qui peut en bénéficier ? Stéphane Heymans, directeur général de la Centrale de Services à Domicile (CSD) Bruxelles, un des organismes qui s’occupent de cette vaccination à domicile l’explique sur l’antenne de La Première : "Ce sont toutes les personnes qui ne peuvent pas se déplacer au niveau physique et/ou au niveau psychique, donc des gens qui ont des grosses vulnérabilités et pour qui la vaccination fixe n’est pas accessible. Par exemple, la patiente Brigitte est sous assistance respiratoire, elle habite au troisième étage d’un appartement et elle a une petite bombonne d’oxygène, donc elle est coincée chez elle. C’est assez complémentaire avec la stratégie fixe pour vraiment atteindre cette couverture maximum de la vaccination".

Qui va octroyer la possibilité d’être vacciné à domicile ? "Ce sont les médecins traitants qui inscrivent les personnes sur la plateforme BruVax et les adresses sont après divisées. Il y a quatre coordinateurs de zone. La CSD est responsable pour Bruxelles Sud et il y a d’autres organismes qui sont responsables des autres zones. Et on se répartit les adresses. Nous avons plus ou moins deux semaines pour pouvoir prendre rendez-vous avec la personne. Donc, on prend contact, on fixe une heure de rendez-vous, on discute avec la personne, pour voir si elle a des appréhensions, des antécédents ou des choses comme ça, on consulte son dossier médical, et puis on va chez la personne avec le vaccin".

"Les personnes qui n’ont pas de médecin traitant peuvent téléphoner au numéro de téléphone 1710 pour avoir une inscription. Et puis il y a toutes les personnes qui ont plutôt des vulnérabilités psychiques, soit de la démence, soit des gens qui sont vraiment reclus sur eux-mêmes dans leur domicile. C’est vrai qu’avec le métier du domicile, on voit un peu de tout, et la précarité de logement est bien réelle sur Bruxelles. Pour ces personnes-là, on doit certainement les réconforter à l’avance. Elles oublient parfois le rendez-vous, et à ce moment-là, on passe par un membre de la famille".

Acceptation du vaccin

"Le vaccin permet aussi de passer du temps chez la personne, puisqu’on reste une vingtaine de minutes auprès de la personne pour voir si elle n’a pas d’effet négatif après le vaccin. Ça nous permet d’engager un dialogue avec la personne, de voir un peu dans quelle situation elle est, de voir un peu comment elle a appréhendé la pandémie, quelles sont ses craintes, quitte à avoir une espèce de signal d’alarme en disant qu’il y a peut-être d’autres services à mettre en place. C’est aussi un mécanisme qui permettra, à mon avis, de rentrer chez des gens qu’on ne connaît parfois pas et qui sont très, très isolés. C’est donc vraiment une opportunité, et le fait d’entrer dans une maison ouvre une série d’opportunités pour vraiment rouvrir certains droits et certains services" après avoir décelé des problèmes.

En Wallonie, c’est le médecin qui se rend chez le patient. En Région bruxelloise, c’est un réseau d’infirmiers et d’infirmières. La CSD "fait aussi appel à une série d’infirmiers indépendants. A partir de mercredi on sera deux ou trois, en fonction de la demande. L’offre s’adaptera à la demande. On ne sait pas très bien combien de personnes, on parle de 15.000 doses, mais vu que ce sont des gens qui restent chez eux, au niveau statistique, on ne sait pas vraiment vérifier l’offre. Ça dépendra des médecins qui inscriront des patients sur cette plateforme".

A Bruxelles "il y a de grosses différences culturelles par rapport à l’acceptation du vaccin. Je pense que c’est vraiment le rôle des médecins traitants de pousser à la vaccination, et donc d’inscrire à BruVax. Et après, quand on prend rendez-vous, on réexplique vraiment l’importance de la vaccination, et on le fait aussi dans nos autres services, comme les aides familiales ou les aides ménagères, qui permettent aussi de rentrer dans le domicile. On essaye vraiment de sensibiliser notre personnel, puisqu’il est parfois lui-même aussi un peu craintif par rapport à la vaccination, mais on essaye aussi alors de convaincre les gens au domicile de se faire vacciner. C’est vraiment un public à risque, ce sont souvent des gens avec des comorbidités et des choses comme ça, donc c’est vraiment important qu’ils aient accès au vaccin. Je pense qu’il sera plus difficile de toucher les personnes qui ont des problèmes psychiques. Mais l’ouverture par le médecin traitant et des contacts téléphoniques successifs vont pouvoir vraiment rassurer les personnes".

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