Bruxelles : près d'un taxi sur quatre ne circule pas, faute de chauffeur

Bruxelles : près d'un taxi sur quatre ne circule pas, faute de chauffeur
Bruxelles : près d'un taxi sur quatre ne circule pas, faute de chauffeur - © Belga

Taxi cherche chauffeur, désespérément : voilà une petite annonce que pourraient publier bon nombre de sociétés bruxelloises de taxi. Selon le secteur, dans la capitale, environ 300 taxis sont à l’arrêt par manque de personnel. Sachant que 1277 véhicules sont autorisés à Bruxelles, cela représente presque un quart de la flotte qui stagne dans un parking.

"C’est une vieille problématique, mais maintenant, il faut que ça s’arrête", nous dit d’emblée Mostafa Beggar. Depuis son parking bien trop rempli pour un mercredi après-midi, celui qui a créé une entreprise de taxi il y a 20 ans à Molenbeek nous dit toute son amertume.

"En moyenne, 20 à 25% de mes véhicules sont à l’arrêt. Or, il y a des gens au chômage et le taxi offre un emploi sécurisé. Le problème, c’est que notre secteur est bridé par la réglementation." Allusion à la procédure de formation et de recrutement des chauffeurs que pilote l’administration régionale Bruxelles-Mobilité.

On n’arrive pas à recruter à cause d’une procédure bancale

Depuis 15 ans, tout candidat chauffeur de taxi doit passer auprès de Bruxelles-Mobilité une série de tests administratifs et comportementaux pour obtenir, in fine, un "certificat de capacité". 

"On n’arrive pas à recruter. Non pas faute de candidats, mais faute d’une procédure qui a montré toutes ses faiblesses", estime Sam Bouchal. Dans le viseur du président de la Fédération belge des taxis ? Les délais trop longs de cette procédure, un test psychologique inadapté et un taux d’échec qui avoisine, selon lui, les 80%.

De son côté, Bruxelles-Mobilité évoque plutôt un taux d’échec de 40% et affirme que ses sessions d’examens ne sont jamais complètes : "il est donc vraisemblable que le manque de chauffeurs de taxi vienne plutôt du manque d’attrait de la profession que du taux d’échec à l’examen", dit encore l’administration.

Il faut une Taxi Academy

Mais le secteur n’en démord pas et appelle à une révision complète de la procédure de formation et de recrutement. Une manière aussi, selon la fédération belge des taxis, d’éviter la fuite des candidats recalés vers des services comme Uber, où ils peuvent "devenir en un clic chauffeur de taxi".

"Je ne pense pas qu’une administration soit qualifiée pour repérer les profils qu’il faut pour conduire un taxi, tranche Sam Bouchal. La solution idéale, selon moi, c’est de retirer cette compétence à Bruxelles-Mobilité. Il faut entamer une collaboration entre Actiris et des écoles de taxis agréées par l’administration. Ces écoles formeraient, via des professionnels, les chauffeurs", sur le modèle de ce que font nos voisins allemands, français et néerlandais.

Une idée à laquelle le gouvernement bruxellois ne ferme pas la porte. Le cabinet du Ministre-président Rudi Vervoort juge le sujet "prioritaire". Son constat au terme d’un premier tour de concertation ? "Le parcours de formation des chauffeurs est trop long et pénalise le secteur des taxis qui peine à recruter."

A l’avenir, "les exploitants, professionnels du secteur, doivent être associés au processus de formation", dit encore le cabinet de Rudi Vervoort.

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