Bruxelles: Pourquoi les pompiers sont-ils en colère?

Bruxelles: Pourquoi les pompiers sont-ils en colère?
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Vous les avez peut-être vu arroser les fenêtres du siège du gouvernement bruxellois? Ou bouter le feu à des panneaux électoraux? Les pompiers de Bruxelles sont en colère. Et ils l'ont fait savoir ce mercredi. Ils ont bloqué la petite ceinture et manifesté devant le cabinet de la secrétaire d'état en charge du SIAMU Cécile Jodogne, pendant que s'y déroulaient des négociations entre politique et syndicats. Ces négociations portent sur le changement prévu des primes des pompiers. Explications. 

Le nœud du problème : la prime de garde forfaitaire 

Le gouvernement voudrait modifier la prime de garde forfaitaire des pompiers. Elle est au centre d'un litige entre le SIAMU et l'ONSS depuis plusieurs années. La question était de savoir si cette prime est exonérée de cotisations sociales. La justice a tranché il y a un peu plus d'un an, en avril 2018. La Cour du travail a donné raison à l'ONSS, en cassant une décision de novembre 2016 qui jugeait que la demande était non fondée. Résultat: l'exonération fiscale n'a pas lieu d'être et le SIAMU se retrouve donc avec une "dette" de plusieurs millions sur les bras, que la région bruxelloise prendra en charge, selon la secrétaire d'état. Combien exactement? Le chiffre de 30 millions a circulé dans la presse, mais il n'est pas confirmé officiellement. Les négociations entre l'ONSS et le SIAMU sont encore en cours. 

La prime d'opérationnalité, une solution? 

Voilà pour ce qui concerne le passé. Pour l'avenir, il faut donc trouver un autre système. La prime d'opérationnalité est appliquée ailleurs dans d'autres zones du pays. Et là, avec elle, pas de cotisations sociales. Alors, pourquoi pas à Bruxelles.

Mais est-ce que cette nouvelle prime va entraîner une perte de revenus pour les pompiers? C'est ce que les pompiers que nous avons interrogé craignent: " La prime va être transformée et on va y perdre, nous les simples pompiers. Et tous les gens qui ont une spécialisation, les plongeurs, les équipes chimiques, les équipes d'intervention de risques, vont elles carrément perdre leurs primes dans l'intégralité". Un autre pompier explique: "Les pompiers ne réclament rien, ils ne demandent pas d'augmentation, ils demandent juste de garder ce qu'ils ont, ni plus ni moins". Et dans la foulée, les pompiers rappellent leurs conditions de travail très compliquées: "Vous avez vu l'état de nos casernes? Aller au feu avec des bottes trouées et des gants qui ne résistent pas au feu". Ce changement de prime, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. 

"Pas de diminution de la masse salariale globale" 

La secrétaire d'état en charge du SIAMU veut rassurer. Selon Cécile Jodogne, "Il n'y a aucune volonté du gouvernement de diminuer la masse salariale globale. Il n'y a pas de volonté de faire perdre de l'argent. Les discussions sont en cours justement pour trouver les meilleures solutions qui rencontrent l'ensemble des situations des agents du SIAMU".

Les syndicats sont ressortis de la réunion avec de nouvelles grilles pour comparer l'impact qu'aurait cette prime. Joël Heindrickx du SLFP explique: "lundi, nous avons reçu des tableaux de comparaison avec les différentes échelles barémiques. Et maintenant, nous venons d'en recevoir d'autres, donc on va devoir faire des calculs pour voir s'il y a des pertes ou non". "C'est très technique", surenchérit Marc Kramsky de la CGSP, "très comptable. On doit analyser tous ces chiffres pour retourner vers nos affiliés". 

Les négociations doivent reprendre ce vendredi. On y parlera sans doute de la situation des équipes spéciales, les plongeurs, ceux qui manipulent des produits toxiques, etc. Elle concerne une centaine de pompiers sur le millier. Les pompiers ont promis de maintenir la pression pendant ce temps de discussions, avec de nouvelles actions.

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