Bruxelles: Mini Europe demande un permis de démolition

Ici Thierry Meeùs, le patron de Mini Europe. L'enquête publique pour la démolition débute ce jeudi.
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Ici Thierry Meeùs, le patron de Mini Europe. L'enquête publique pour la démolition débute ce jeudi. - © RTBF

1989-2019: Mini Europe fête ses trente ans. Mais voilà, une demande de permis de démolition du parc de miniatures installé sur le plateau du Heysel a été déposée à la Ville de Bruxelles a appris la RTBF. L'enquête publique démarre ce jeudi 10 octobre et durera deux semaines. La commission de concertation se réunira le 5 novembre. Le démantèlement des plus célèbres monuments européens reproduits à l'échelle 1/25e pourrait débuter dans la foulée.

Mini Europe a été inauguré le 1er juin 1989. Le projet lancé à l'époque par le groupe Walibi a pour objectif de présenter des bâtiments et monuments incontournables de l'Union européenne mais en miniatures. Exemples avec l'Arc de Triomphe de Paris, la Porte de Brandebourg à Berlin, le Palais de Westminster à Londres... Des parcs similaires existent dans le monde (Madurodam à La Haye, Portugal dos Pequenitos à Coimbra, Catalunya en miniatura à Barcelone) alors pourquoi pas à Bruxelles, capitale de l'Europe politique? Au fil des années, le parc va s'agrandir et présenter régulièrement de nouvelles maquettes, élargissement de l'Union oblige. Aujourd'hui, 80 villes sont représentées et plus de 100 monuments ou édifices. Le site s'étend sur 24.000 mètres carrés.

Intégration dans Neo

Le parc attire près de 400.000 visiteurs par an, ce qui en fait l'une des attractions les plus visitées du pays. Mais Ville de Bruxelles et Région bruxelloise ont lancé Neo, un vaste projet de réaménagement du plateau du Heysel. Si le projet Neo 2 (centre de congrès) doit être repensé comme annoncé récemment, le projet Neo 1 (centre de loisirs, centre commercial, logements), maintenu en l'état, prévoit une intégration de Mini Europe sous conditions. L'hypothèse a été évoquée en 2016 lorsqu'une première démolition a été envisagée. Mini Europe a depuis bénéficié d'une prolongation de son contrat d'exploitation à l'inverse du parc aquatique Océade démoli fin 2018-début 2019. 

Il faut se préparer au pire

Ce qui est certain, c'est que la SA Mini Europe doit absolument finaliser un accord avec Unibail, le promoteur de Neo 1 afin de pouvoir confirmer son avenir. Le contrat de prolongation de Mini Europe sur le site Heysel, signé avec le Palais des Expositions de Bruxelles arrive à terme le 31 décembre 2020. L'horloge tourne. "Au 31 décembre 2020, nous ne savons pas si, nous concernant, ce sera une fermeture aux visiteurs ou une fermeture en ayant déjà tout démoli. En bon père de famille, il fallait déjà se préparer au pire", explique à la RTBF Thierry Meeùs, l'administrateur délégué de Mini Europe. "Il se trouve qu'il y a plusieurs problèmes. Le projet Neo a pris du retard. Ensuite, la Ville ne répond pas à toutes nos questions afin de finaliser un accord avec Unibail. Enfin, connaissant tous les retards, cela fait deux ans que nous demandons une prolongation. Il est donc bien possible que l'année prochaine, Mini Europe se termine. Au delà du côté juridique, il devient extrêmement difficile pour Mini Europe de gérer." Depuis 12 ans, le contrat d'exploitation a été renouvelé à six reprises, soit six fois deux ans. "Cela fait douze ans qu'on nous traîne et nous aimerions bien avoir une vision à long terme", afin de rassurer les 30 équivalents temps-plein (hors sous-traitants), les visiteurs (belges et étrangers), afin de poursuivre les investissements (500.000 euros en 2019) et la présentation de nouvelles maquettes au public (comme la fontaine de Trevi juste avant l'été).

"Soit la Ville de Bruxelles estime que Mini Europe est une attraction dynamique à l'étranger et nous sommes confirmés pour l'avenir. Soit elle dit ne pas vouloir du tourisme à succès. Et nous anticipons cette réponse-là également", ajoute Thierry Meeùs.

La fermeture d'Océade nous a traumatisé

Jusqu'en 2018, Thierry Meeùs a également géré l'Océade. "La fermeture d'Océade nous a un peu traumatisé. Quand la décision de la fermeture a été prise par la Ville de Bruxelles, nous savions qu'il allait y avoir du retard pour le projet Neo. Océade aurait donc pu rester deux à trois années supplémentaires. Nous ne comprenons donc pas l'attitude de la Ville de Bruxelles de créer des problèmes aux attractions privées présentes sur Bruxelles.

Et si cette demande de permis de démolition de Mini Europe n'était finalement qu'une manière de faire pression sur les autorités politiques? Une manière de dire: vous allez perdre le deuxième site touristique le plus visité à Bruxelles? Certains sources à l'hôtel de Ville de Bruxelles le croient. Thierry Meeùs réfute. "En 2016, nous avions un accord avec Unibail. Et pourtant, deux mois après, la Ville de Bruxelles ne nous a pas octroyé de prolongation. Nous avons dû passer par la loi Renault pour quand même aboutir. Nous ne comprenons pas pourquoi la Ville ne nous donne pas de vision à long terme. Avec les douze ans passés, la Ville doit nous rassurer à long terme. Si c'est pour encore avoir deux années de prolongation, c'est que la Ville de Bruxelles ne croit pas en Mini Europe."

Contacté, le cabinet du bourgmestre Philippe Close (PS) joue l'apaisement et indique que "la Ville de Bruxelles garantira la prolongation du contrat d'exploitation" de Mini Europe. Les deux parties devraient contractuellement se revoir en mars 2020.

Des maquettes déplaçables

Dans l'hypothèse d'un démolition-démontage de Mini-Europe, le parc pourrait s'installer dans une autre ville, en Belgique ou ailleurs. Des propositions ont déjà été formulées par Uccle et dans le Brabant wallon. "Les monuments sont tout à fait déplaçables", rappelle le patron de Mini Europe. "Nous avons une centaine de maquettes. Lorsqu'en 2016, on a évoqué la fin de Mini Europe, nous avions reçu 55 propositions venant de Belgique et de l'étranger pour accueillir les monuments."

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