Un inspecteur principal condamné pour violence raciale: "un signal fort"

L’homme a été condamné à huit mois de prison avec sursis.
L’homme a été condamné à huit mois de prison avec sursis. - © Belga

La condamnation d'un inspecteur principal de la police locale de Bruxelles-Midi pour violence raciale, lundi, par le tribunal correctionnel de Bruxelles, est un "signal fort", estime le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR), qui s'est constitué partie civile. Mais il souligne aussi la nécessité d'une sensibilisation permanente de la police dans la lutte contre ce type de violence.

"Par cette condamnation, le tribunal a envoyé un signal important. Les délits de haine violents portent non seulement atteinte à la dignité de la victime, mais peuvent aussi inciter d'autres à adopter le même discours de haine et à commettre des infractions similaires", indique Edouard Delruelle, directeur francophone du CECLR, dans un communiqué.

Le Centre rappelle que l'inspecteur âgé de 46 ans a été reconnu coupable de deux faits de violences racistes, l'un contre un subordonné et l'autre contre une personne qu'il voulait arrêter. Le prévenu avait nié avec force, mais il a été condamné sur base du témoignage d'un ex-collègue.

Les incidents se sont déroulés en août et septembre 2009. L'inspecteur principal dont il est question avait donné un coup de poing à son collègue inspecteur puis l'avait agrippé à la gorge, en le qualifiant de "bougnoule".

Il devait également répondre d'un incident survenu lors de l'arrestation d'un homme qui tenait une manifestation interdite. Il avait poussé l'homme à deux reprises contre une porte en lui lançant une bordée d'injures racistes.

"En se constituant partie civile, le Centre voulait s'assurer que les motivations racistes dans le chef du prévenu feraient l'objet d'un examen approfondi pendant le procès", poursuit le communiqué.

Selon le CECLR, l'un des instruments les plus efficaces dans la lutte contre la violence raciale est l'enregistrement de ces infractions par la police. "Mais les policiers eux-mêmes ne peuvent discriminer ou commettre des délits de haine. Ces incidents montrent qu'un changement de mentalité reste d'actualité."

Le prévenu a été condamné lundi à une amende et à huit mois de prison avec sursis, ainsi qu'à des dommages et intérêts. Plusieurs collègues de l'inspecteur principal ont d'abord réfuté toutes les accusations, mais en 2010, l'un d'entre eux a changé ses déclarations et a reconnu que tous les reproches étaient fondés. C'est sur cette base que le prévenu a été condamné.

Belga

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