Bruxelles met fin aux moteurs thermiques à l'horizon 2035 : quelle sera sa stratégie?

Cette sortie du diesel et de l'essence faisait partie de l'accord de gouvernement fixé en début de législature en 2019. Elle avait même déjà été évoquée en 2018 lors de l'instauration de la fameuse zone "basses émissions". Restait à concrétiser cette interdiction des moteurs thermiques et à entériner les dates. C'est désormais chose faite ! Les partis de la majorité régionale bruxelloise ont trouvé un accord ce jeudi. Ce vendredi le gouvernement bruxellois détaille son plan de bataille. 

Des mesures d'accompagnement

Pour garantir que cette transition se fasse de manière progressive et juste pour les entreprises et les ménages, le gouvernement a également adopté une feuille de route, appelée " Low Emission Mobility Brussels ". Celle-ci contient de nombreuses mesures d’accompagnement, ciblant des acteurs bruxellois spécifiques tels que les personnes à mobilité réduite, les petites entreprises ou l’autopartage. Soutien financier, information et sensibilisation, déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques : de nombreuses mesures seront adoptées dans les années à venir pour faciliter la transition. Ces mesures feront l’objet d’une consultation approfondie avec les acteurs concernés.


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Parmi les mesures annoncées figurent le renforcement et le remaniement de la prime LEZ offerte aux PME bruxelloises de manière à les rendre plus accessibles avec pour objectif de rendre équivalent le prix d'achat d'un véhicule utilitaire électrique et d'un utilitaire thermique; la prime est également applicable aux véhicule en leasing. 

Autre mesure, la mise en place d'équipes de contrôle mobiles dès 2022. Elles veilleront aux respect des critères fixés par la zone de basses émissions dans le chef des véhicules étrangers circulant à Bruxelles. 

Enfin, le gouvernement prévoit aussi la nomination d'un manager "Mobilité et Précarité" au sein de l'administration bruxelloise. Il aura pour mission de porter une attention accrue et de renforcer les mesures de soutien aux publics les plus précarisés. 

La plupart des véhicules concernés à terme

"La décarbonation progressive du parc automobile bruxellois doit se faire de manière juste et avec la coopération de tous les acteurs concernés", explique le gouvernement. "A la suite d'un processus participatif mené depuis 2018 et de nombreuses études et analyses réalisées dans ce cadre, une feuille de route visant à atteindre cet objectif a été rédigée. Appelée " Low Emission Mobility Brussels ", celle-ci identifie des acteurs et des flottes spécifiques concernées par la LEZ (personnes précarisées, petites et moyennes entreprises, taxis, autopartage, véhicules de société, flottes publiques, etc.) et définit une stratégie qui permet de les accompagner dans cette ambitieuse transition. Une série de mesures d’accompagnement sont donc prévues pour ces publics et sera mise en œuvre dans les années à venir."

Cette roadmap fera l’objet d’une consultation approfondie tout au long de l’année 2021, afin d’être développée et opérationnalisée en étroite collaboration avec les acteurs concernés (représentants des secteurs économiques et des publics spécifiques concernés, communes, société civile, autres entités politiques belges).

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Un calendrier précis pour chaque type de véhicules

Seules les voitures diesel/hybrides euro 6 pourront encore rouler en 2025. En 2028, ne seront plus admis que les véhicules diesel/hybrides de la norme euro 6d. Le délai est un peu plus long pour les véhicules essence/hybride/LPG/CNG: les Euro 3 seront encore autorisés jusqu'en 2027; les Euro 4 jusqu'en 2029 et les Euros 6 jusqu'en 2032. Les scooters essence seront interdits dès 2025. Ce sera le cas pour les motos et quads en 2028.

L'évolution pour les camionnettes et minibus suivra également un schéma de limitation différencié. Au-delà de 2035, seuls les camions et les autocars de la norme Euro 6e pourront encore circuler à Bruxelles, faute d'alternative. En ce qui concerne les bus de la STIB, la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt a précisé que le gouvernement avait également donné une série de mandats permettant à la société bruxelloise de sortir entièrement du thermique pour 2036, soit trois ans plus tôt que prévu. 

Une "mesure idéologique" pour la Fédération pétrolière

La Fédération pétrolière a réagi par communiqué à la décision du gouvernement bruxellois de bannir les véhicules à moteurs thermiques d'ici 2030 (diesel) et 2035 (essence). 

"La décision du gouvernement régional manque de nuance et est même inutile. Avec le renouvellement progressif du parc automobile, on peut considérer qu'en 2030, la grande majorité des voitures sur nos routes respectera les normes d'émission. D'abord grâce à la zone à faibles émissions (LEZ), ensuite grâce aux innovations technologiques qui permettent aux nouvelles voitures de respecter sans problème les normes de qualité de l'air. Bruxelles risque sinon de devenir une exception dans le nouveau mix énergétique et d'entraver la mobilité de milliers de bruxellois et de navetteurs".

La Fédération pétrolière belge déplore également l'attitude "unilatérale du gouvernement bruxellois et l'appelle à une approche scientifique et à ne pas prendre de mesures idéologiques sans même proposer d'alternatives valables". 

Inter-Environnement et Greenpeace applaudissent

L'ONG Greenpeace salue l'initiative bruxelloise tout en regrettant qu'elle ne soit pas plus rapide et en rappelant que des villes comme Amsterdam et Oslo ont placé la barre plus haut. Inter-Environnement Bruxelles souligne, pour sa part, qu'une centaine de décès pourraient être évités chaque année grâce à l'interdiction des moteurs thermiques. 

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