Bruxelles: manifestation des parents d'élèves des écoles européennes

Manifestation des parents d'élèves et professeurs des écoles européennes
Manifestation des parents d'élèves et professeurs des écoles européennes - © RTBF - G. Fabré

Les parents d'élèves et professeurs des écoles européennes se sont rassemblés ce mardi matin devant le lieu où se réunit pour trois jours le Conseil supérieur des écoles européennes. Cette instance, qui gère tous ces établissements, doit aussi prendre des décisions pour leur avenir budgétaire. Un avenir qui s'annonce sous le signe des restrictions. Et les parents s'inquiètent : il n'y a pas assez de places pour tout le monde dans ces écoles à Bruxelles.

A Bruxelles aujourd'hui, plus de 10 000 enfants fréquentent les écoles européennes. Et ce chiffre ne risque pas de diminuer. "Quand vous pensez à la population de fonctionnaires qui se trouvent à Bruxelles, et à l’extension de la catégorie 1 - c’est-à-dire les enfants qui ont droit à être dans des écoles européennes, à des assistantes parlementaires et à d’autres catégories d’enfants -, on est devant un phénomène de surpopulation brutale des écoles européennes", explique José Sanchez, membre de l'association des parents d'élèves de l'école européenne de Woluwé-Saint-Lambert.

Rien qu’à l’école européenne de Woluwé-Saint-Lambert, précisément, ils sont plus de 3000 à franchir chaque jour les portes. 400 professeurs y donnent cours en primaire et maternelle. "J’ai des enfants belges, des enfants français, relate Annick Fauconnier, institutrice en quatrième primaire section francophone. Et sur mes 28 élèves, en général, le papa est français, la maman est belge, mais il y a aussi des papas espagnols, des mamans italiennes. Donc c’est aussi un brassage de cultures et de langues que l’on a, au sein d’une même section, d’une même classe qui est francophone."

A Woluwé, les cours sont donnés dans huit langues différentes. Les autres écoles européennes de Bruxelles proposent d'autres langues. Mais malgré cette diversité et la grosse capacité des établissements, il manque de places. "On manque de places, on est en surpopulation dans les trois écoles, explique Ulrica Grankvist, directrice-adjointe de l'école secondaire. Une quatrième école va être prête pour 2012, et là on espère que notre surpopulation va diminuer."

Actuellement, dans les faits, il y a déjà quatre écoles européennes à Bruxelles. Mais celle de Forest n'est que temporaire avant l'ouverture en septembre 2012 d'une nouvelle école à Laeken, qui elle sera définitive et pourra accueillir plus d'élèves. Mais pour José Sanchez, cela ne règlera pas le problème : "On sait qu’une quatrième école qui ouvrira en 2012 sera bondée, déplore-t-il. Le Conseil supérieur des écoles européennes, à l’insistance des parents, a déjà demandé au gouvernement belge la création d’une cinquième école à Bruxelles."

Créer une nouvelle école à Bruxelles risque d'être un défi de taille, surtout quand on connaît les problèmes que rencontre la Communauté française dans ce domaine.

Crainte de coupes dans le budget des écoles

Par ailleurs, le Conseil supérieur des écoles européennes doit valider des réductions budgétaires pour les quatorze écoles européennes que compte l'Union. Autre inquiétude des parents d'élèves, et autre motivation de la mobilisation des élèves, parents et professeurs aux abords du Berlaymont.  "Je suis enseignante, mais je suis également maman d’enfants qui sont dans une école européenne, témoigne une manifestante. Et avec les coupures budgétaires qui sont prévues, les classes vont être surpeuplées, or l’école est déjà surpeuplée. On va aussi couper dans des cours comme informatique, art, tous des cours qui sont essentiels et qui vont être considérés comme secondaires."

Le budget revu à la baisse menace aussi la diversité des langues proposées dans les écoles européennes. Des heures de soutien pédagogique pourraient en effet disparaître dans certaines langues, et ça inquiète ce papa finlandais: "Notre plus jeune enfant suit les cours de finlandais, et là ça va être difficile s’il n’a plus d’assistant. Il peut alors suivre le néerlandais ou le français, mais ça va être plus compliqué parce qu’on a deux autres enfants - de huit et dix ans - et ce n’est pas évident point de vue organisation."

La réunion du conseil s'achève ce jeudi. D’ici là les parents et les professeurs continueront à faire signer des pétitions pour tenter d'influencer la décision finale.


G. Fabré, N. Servais, N. Van de Weyer et N. Nahjari

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