Bruxelles: les voitures partagées en flotte libre ne fonctionnent pas aussi bien qu'espéré

DriveNow, les voitures partagées en free floating de BMW, ont enregistré une perte de 3,25 millions d’euros en 2017.
DriveNow, les voitures partagées en free floating de BMW, ont enregistré une perte de 3,25 millions d’euros en 2017. - © drivenow.be

DriveNow, les voitures partagées en free floating de BMW, ont enregistré une perte de 3,25 millions d’euros en 2017.

L’entreprise avait débarqué à Bruxelles en juillet 2015, mais après trois ans, elle doit revoir ses objectifs à la baisse. Elle accumule les pertes. Un constat : le marché des voitures partagées a du mal à s’imposer dans la capitale.

Le concept est pourtant simple : une application pour réserver une voiture BMW ou Mini, la récupérer et la déposer là où on va. L’entreprise DriveNow se porte bien à Berlin, Stockholm, Milan… mais Bruxelles fait de la résistance.

"Ça demande plus de temps"

"On a bien vu qu’étant le premier sur le marché ici en Belgique à Bruxelles, pour le free floating, ça demande du temps, déclare Christian Lambert, CEO de DriveNow Belgique. À cause de cela, on a vu que le rythme des inscriptions de nouveaux clients n’allait pas au rythme prévu."

Son concurrent direct à Bruxelles ? Zipcar, une entreprise venue en 2016 des États-Unis. Pour eux, même constat, le marché bruxellois est plus lent qu’ailleurs. "Le 14 septembre, ça fera deux ans que nous sommes actifs sur le marché et on a vu une belle progression par rapport à 2016. Maintenant, c’est vrai que par rapport au plan initial, on n’est pas rentable. On n’est toujours pas rentableexplique Kate Croisier, la directrice de Zipcar Bruxelles. C’était prévu dans le plan, mais c’est vrai que la croissance est plus lente qu’espérée, mais elle est en bonne voie."

"La première raison, c’est le manque de concurrence, poursuit-elle. Et la deuxième, c’est par rapport aux avantages fiscaux qui sont donnés aux voitures de société aujourd’hui, Quand on a une voiture de société, pourquoi réfléchir à l’autopartage ?"

Si l'on se place du côté du consommateur, il faut reconnaître que l'autopartage est assez cher. Il faudrait peut-être donc que les prix baissent dans les mois et années à venir pour observer un développement du marché.

Et puis, il y a Cambio…

Qui est un peu différent avec son système en boucle. La voiture doit toujours revenir au point de départ. L’entreprise est rentable depuis plus de 10 ans.

"Depuis 10 ans déjà, nous sommes tout à fait rentables. On avait un taux de croissance qui était plutôt parti de 5% vers les 10%. Ça se voit par le nombre de nos réservations, de clients et de stations et de voitures en présence dans la région. Aujourd’hui, nous avons 14.000 clients à Bruxelles, soit 24.000 locations par mois, détaille Yves Rigole, le directeur des relations client chez Cambio. Le but étant de toujours proposer plus d’offres par des voitures de types différents et par une implantation équitable dans les 19 communes bruxelloises."

Alors que Cambio a atteint son seuil de rentabilité, Zipcar et DriveNow comptent y arriver avec plusieurs années de retard, dans deux ou trois ans.

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