Bruxelles: les parents sont encouragés à parler néerlandais

Les inscriptions dans les écoles secondaires de l'enseignement flamand ont débuté mardi pour les élèves non prioritaires, par inscriptions en ligne. Et le moins que l'on puisse dire c'est que certaines écoles croulent sous les demandes. A Bruxelles, au Collège Sint Jans Berckmans, il a fallu une demi-heure pour remplir les 150 places. Même engouement pour l'Athénée d'Etterbeek.

Dans le même temps, dans une trentaine d'écoles néerlandophones à Bruxelles, on vient de lancer la campagne "Nederlands voor ouders". La Maison du néerlandais ("Het Brusselse Huis van het Nederlands") et la Commission communautaire flamande dépensent 75 mille euros et beaucoup d'énergie pour inciter les parents des élèves à apprendre des rudiments de néerlandais. Dans ces écoles, deux enfants sur trois ne parlent pas néerlandais à la maison, et leurs parents (francophones, turcophones, arabophones, etc.) ont du mal à suivre leur scolarité.

Jan Devleeschouwer occupe son bureau de directeur depuis vingt ans, à Sint-Jozef. Vingt années rythmées par les récrés où cela piaille en néerlandais, mais discrètement aussi dans d'autres langues. "Tous ces enfants parlent l'arabe, le roumain, l'albanais à la maison, relate le directeur. Dans la rue, c'est le français ; et le néerlandais, ils l'entendent à l'école."

Des enfants pour la plupart trilingues au contraire de leurs parents. Kadija El Hichou, par exemple, ne parlait pas un mot de néerlandais en inscrivant ses filles. Mais elle voulait une école néerlandophone : "Bruxelles est divisée en deux : néerlandais et français, explique-t-elle. Pour le travail, pour leur avenir, je vois surtout le néerlandais."

Cours gratuits et outils pour les parents motivés

Les premiers mois ont été un casse-tête: impossible de comprendre journal de classe, et devoirs. Cette maman a décidé du coup de suivre des cours : "Mes enfants parlent maintenant ensemble en néerlandais, je dois savoir ce qui se dit à la télévision. Moi je ne comprends pas mais mes enfants comprennent. Ça m'a motivée à apprendre."

L'école ici renvoie vers des cours gratuits, distribue des calendriers avec les dates importantes, indiquées par des images, pour les parents qui ne maîtrisent pas l'alphabet. Ce sont de bons outils, dit le directeur, mais après un travail préalable. La langue n'est pas le seul frein aux contacts avec les parents de ce quartier. "Il y a d'autres barrières qui expliquent que des parents n'osent pas entrer dans une école, déclare Jan Devleeschouwer. On est pauvre, on n'a pas les moyens, et on n'ose pas venir à l'école pour le dire. Ce n'est pas toujours évident, mais ça c'est Bruxelles et c'est un défi."

Et ce défi, dit ce directeur passionné, est bien plus vaste qu'il y a vingt ans.

 

Ecoutez les propos de Jean-Luc Vanraes, ministre de l'Enseignement néerlandophone à Bruxelles (Open VLD). Il détaille la campagne :

 

 

M. Baele - N. Nahjari

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