Bruxelles : les juges de la jeunesse libèrent des mineurs délinquants depuis ce lundi matin

Depuis ce lundi, les juges de la jeunesse bruxellois ont mis en œuvre ce qu’ils avaient annoncé. Plus aucun mineur déféré devant le tribunal en urgence ce lundi matin n’est mis en détention. “Nous ne pouvons nous occuper de leur cas et ils sont donc relâchés par défaut, nous ne pouvons plus assumer que les rendez-vous habituels de notre agenda, nous les verrons plus tard. Tant que nous n’avons pas d’engagement de greffiers confirmé, la situation va persister”, confirme Michèle Meganck, juge au tribunal de la jeunesse de Bruxelles.

Ils l’ont écrit, la semaine dernière, dans une lettre adressée au ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) pour dénoncer le manque d’effectifs (de greffiers en particulier) auquel ils font face depuis plusieurs années. Ce lundi 29 juin, les juges ont donc mis leurs menaces à exécution.

Dans une réaction à Belga, le cabinet du ministre indiquait, semaine dernière, être conscient de la situation du personnel judiciaire du tribunal de première instance francophone de Bruxelles, qui est "en effet sérieuse".

"Les syndicats du personnel des tribunaux ont déjà soulevé cette problématique et une concertation avec les syndicats est prévue en juillet", détaillait encore le cabinet Geens.


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"Jamais le nombre de greffiers et d’employés n’a été aussi bas." Il manquerait ainsi cinq greffiers sur quatorze à l’heure actuelle. "Pendant toute la crise du Covid, les employés, les greffiers et les magistrats ont pourtant donné le maximum pour continuer à faire fonctionner le tribunal", poursuivent les juges et les greffiers qui ont par ailleurs entamé dès mardi dernier des arrêts de travail de 59 minutes tous les jours de la semaine.

Florence Bouffioulx Greffière déléguée au tribunal de la jeunesse de Bruxelles explique la difficulté de ce travail et le manque de personnel dans le service qui ont mené à cette action forte.

Des renforts ont été promis. Pour le tribunal de première instance de Bruxelles, il y a ainsi 45 procédures en cours pour un poste de greffier et 21 postes pour du personnel administratif ont été ouverts l’an dernier. Avec ces 66 personnes, le personnel du tribunal atteindrait 90% du cadre. Le pourvoi de ces postes statutaires est cependant difficile et plus lent que prévu, déplore le cabinet du ministre. Et le tribunal est confronté à de nombreuses absences pour cause de maladie et à un grand nombre de départs.

Face à l’urgence, il a notamment été convenu en mars d’attribuer 17 postes contractuels, pour lesquels le recrutement peut être effectué plus rapidement que pour les statutaires.

La consultation était, semble-t-il, initialement prévue pour cette semaine mais a été reportée à la demande du greffier en chef. Une nouvelle date n’a pas encore été fixée.

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