Bruxelles: les futurs taximans pourront s’auto-former et ne devront plus effectuer de stage

Le parcours pour devenir taximan à Bruxelles change.
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Le parcours pour devenir taximan à Bruxelles change. - © THIERRY ROGE - BELGA

Changements dans le secteur du taxi à Bruxelles. A partir du 1er juillet prochain, l’accès à la profession de chauffeur de taxi subit quelques modifications. Les principales concernant la liberté pour le candidat de choisir ou non de suivre les cours théoriques ainsi que la suppression de la période de stage de six mois.

Concrètement, après une séance d’information sur le métier (obligatoire) et un test de sélection professionnelle, l’étude des matières d’examens pourra s’effectuer de manière libre en autoformation (au travers d’un syllabus fourni par l’administration), soit directement auprès de la Direction régionale bruxelloise Transports de personnes, soit auprès de Bruxelles Formation ou encore auprès d’une Académie du secteur taxi.

Illogique dit le secteur

S’il réussit les examens officiels, le candidat reçoit un certificat de capacité (sur base d’un contrat de travail ou d’une convention de formation). Mais fini, comme c’est le cas actuellement, d’un stage de six mois au sein d’une société de taxis. « Actuellement, le tuteur qui prend le candidat en stage valide sa formation avant délivrance du certificat de capacité », précise Sam Bouchal, secrétaire général de la Fédération belge du Taxi. Celui-ci regrette cette modification. « Dès juillet, c’est l’administration, donc des personnes qui ne sont pas du secteur, qui va dire si une personne est apte ou pas. Ce n’est pas logique. »

Les cours d’éco-conduite ne sont plus obligatoires

Enfin, après obtention de son certificat, le candidat peut encore suivre des cours de conduite écologique. Des cours actuellement obligatoires qui deviendront facultatifs après juillet. « Nous aurions préféré que les futurs taximans puissent être formés aux premiers secours par exemple », avance encore Sam Bouchal.

Selon la Direction Transports de personnes, cette réforme « vise la simplification du parcours. L’accent est mis sur la sécurité routière, sur le respect des usagers faibles (piétons, cyclistes) et sur l’accueil des PMR. »

Mais pour Sam Bouchal, « ce n’est pas une simplification mais un abandon du candidat. Pas de stage, pas de formation autour de la législation sociale… Actuellement, les tests psychologiques engendrent un taux d’échecs de 80% ! Cette réforme donne l’impression qu’on veut ouvrir les vannes et permettre à de plus en plus de personnes de devenir chauffeur de taxi. » En Région bruxelloise, 1300 licences sont en circulation pour plusieurs milliers de chauffeurs. « Reste que sur les 1300 véhicules, 120 sont à l’arrêt en permanence car on ne trouve pas de chauffeurs. La faute aux tests psychologiques trop stricts. Le ministre de la Mobilité Pascal Smet donne l’impression qu’il veut élargir l’accès à la profession. Mais ce n’est pas la bonne solution. » Chaque année, le secteur estime à 800 le nombre de candidats à la profession.

Des changements sans concertation

De plus, « ces changements interviennent sans concertation avec le secteur, sans réunion du Comité consultatif Taxi », organe de concertation entre administration et représentants des chauffeurs.

C’est le 4 avril dernier que le gouvernement bruxellois a adopté ces changements pour une entrée en vigueur le 1er juillet. « Cela concerne les candidats qui solliciteront un certificat de capacité à partir de cette date. Les autres candidats demeurent soumis aux dispositions de « l’ancien arrêté » », précise la Direction Transports de personnes.

 

 

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