Bruxelles: les forces vives dénoncent le "gâchis linguistique"

La proposition de Marie-Dominique Simonet déplaît au forces vives bruxelloises
La proposition de Marie-Dominique Simonet déplaît au forces vives bruxelloises - © Belga

C'est une proposition du ministre de l'enseignement: mettre en place un test de connaissance des langues après la deuxième année du secondaire... Elle suscite la réaction des forces vives bruxelloises. Les syndicats, les employeurs et le directeur général d'Actiris dénoncent dans une carte blanche ce qu'ils appellent le "gâchis linguistique" à Bruxelles.

"Arrêtons le gâchis linguistique dans la capitale de l'Europe!" C'est le titre de la carte blanche parue dans Le Soir des forces vives bruxelloises en faveur d'un meilleur enseignement des langues. Syndicats, patronat et le directeur général d'Actiris demandent à la fédération Wallonie-Bruxelles, qui organise l'enseignement, de s'engager en faveur d'un meilleur apprentissage des langues

Sans pour autant plaider en faveur d'une régionalisation, les signataires invitent la Fédération Wallonie-Bruxelles à organiser l'enseignement des langues bien plus tôt et à multiplier les expériences d'immersion linguistique.

"Si l'on évalue la connaissance du néerlandais des élèves bruxellois et wallons au terme de la deuxième année du secondaire, que va-t-il se passer"? demandent encore les signataires de la carte blanche. Puisque les élèves bruxellois apprennent le néerlandais plus tôt et plus intensivement que les Wallons, le test indiquera ce que les uns et les autres sont supposés connaître après deux années de secondaire. Donc, les élèves bruxellois n'auront pas à se fouler pour arriver au niveau requis pour tout le monde. D'où un nivellement pas le bas.

Le cabinet de Marie-Dominique Simonet (Ministre CDH de l'enseignement) réfute ce raisonnement. L'évaluation externe à l'issue de la deuxième année du secondaire mesurera les compétences minimales à atteindre.

Spécificités linguistiques bruxelloises

Pour Grégor Chapelle, directeur général d'Actiris, l'office bruxellois chargé du placement des demandeurs d'emploi, il faut tenir compte des spécificités bruxelloises :"90% de l'économie bruxelloise est une économie de service, on est en contact direct avec la clientèle. Ce n'est pas un atout, c'est un caractère indispensable de la connaissance des langues. Nous demandons bien en amont à la Fédération Wallonie-Bruxelles de faire là aussi les investissements nécessaires".

Quant à ces spécificités bruxelloises, le cabinet de Marie-Dominique Simonet cite un chiffre : Bruxelles consomme la moitié des 62 millions dévolus à l'encadrement différencié. Si l'on ne tenait compte que de la population scolaire, Bruxelles n'aurait droit qu'à 15 millions.

Les signataires de la carte blanche insistent pourtant : "95% des demandeurs d'emploi inscrits chez Actiris sont francophones. Et moins de 8% seulement affirment bien connaître le néerlandais".

"On n'apprend pas seulement les langues à l'école", répond le cabinet de la Ministre de l'enseignement. "Et si l'immersion linguistique n'est pas développée à Bruxelles, la submersion - la présence d'élèves francophones dans l'enseignement néerlandophone - par contre - connaît un grand succès". Une manière de renvoyer la patate chaude à l'autre communauté. Les Flamands de Bruxelles apprécieront

Philippe Carlot

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