Comment améliorer Bruxelles pour les femmes?

Pour les femmes de Garance, la solution se trouve dans le mélange des genres
Pour les femmes de Garance, la solution se trouve dans le mélange des genres - © Belga

À trois semaines des élections, c'est le moment de faire entendre sa voix quand on a quelque chose à revendiquer, ou à proposer. L'asbl féministe Garance a donc pris son plus joli porte-voix pour parler d'insécurité, non pas en proposant plus de policiers dans les rues, mais plutôt en parcourant la ville. L’organisation a récemment organisé 19 "marches exploratoires" à travers Bruxelles. Il s’agit de balades pour identifier ce qui cause le malaise des femmes dans certains quartiers. Le tout est compilé dans une brochure fourmillant de suggestions pour améliorer l'espace public.

Cela va d'un revêtement de sol plus confortable aux talons aiguilles que les vénérables pavés historiques, à l'amélioration de l'éclairage des rues et à la sécurisation des passages pour piétons, en passant par un aménagement plus convivial des espaces verts ou des panneaux de signalisation plus visibles. Mais il y a aussi des suggestions plus spécifiques, dit Irène Zeilinger, éditrice de la brochure : "les femmes sont fort en demande de toilettes accessibles dans l’espace public. Parce que les hommes, eux, font pipi un peu partout où ils peuvent. Cela crée une double inégalité. Non seulement parce qu’avec le comportement de ces hommes qui urinent où bon leur semble, les rues sont sales et puent, mais aussi parce que les femmes, quant à elles, sont contraintes à quitter l’espace public chaque fois qu’elles ont un besoin. Elles doivent soit rentrer chez elle, soit aller dans un café."

Quant au sentiment d'insécurité, il aurait beaucoup à voir avec la mixité sociale : "est-ce qu’il y a dans l’espace public, des personnes de toutes les couches de la population, de tous les âges, des hommes autant que des femmes ? Plus les présences sont multiples et diversifiées, plus les femmes se sentent en sécurité" souligne l’asbl.

Pour les femmes de Garance, la solution se trouve dans le mélange des genres. De plus, selon elles, ce n'est pas la nouvelle règle permettant de verbaliser les injures en rue qui va changer grand-chose : "je crains que ces mesures ne créent beaucoup d’espoir mais que dans la pratique, elles soient difficilement applicables. Cela va encore ajouter au sentiment d’impunité qui fait partie du sentiment d’insécurité."

L’association ajoute que c’est la composition assez diversifiée et aussi assez scindée de la population à Bruxelles qui rajoute à ce sentiment d’insécurité. "Je parle par exemple du nombre assez important d’expatriés qui viennent vivre dans la capitale pour deux ou trois ans et qui ne prennent pas le temps de vraiment s’intégrer dans la société. Ils ont donc un sentiment d’insécurité plus fort. Ce qui m’a également fort marqué, c’est que dans des quartiers réputés difficiles, on a fait de très chouettes rencontres avec des personnes qui nous ont fait part de leur vue sur leur propre quartier et qui ont fort critiqué l’image que les média propagent. On y parle notamment souvent d’un petit groupe qui pose problème et qui n’est pas représentatif de la population."

Betty Cleeren

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