Bruxelles: les 150 nouvelles places d'hébergement pour sans-abri n'ouvriront finalement pas

Bruxelles: les 150 nouvelles places d'hébergement pour sans-abris n'ouvriront finalement pas
Bruxelles: les 150 nouvelles places d'hébergement pour sans-abris n'ouvriront finalement pas - © HATIM KAGHAT - BELGA

Il y a deux semaines, le ministre en charge de l'action sociale Alain Maron annonçait l'ouverture de 200 places d'hébergement supplémentaires pour les sans-abri en région bruxelloise. Les différents dispositifs affichaient alors quasiment tous complets: le Samusocial, le Porte d'Ulysse et la Croix-Rouge. Mais c'était  aller un peu vite en besogne: le bâtiment visé ne convient finalement pas. 

Pas aux normes de sécurité 

Parmi les 200 nouvelles places annoncées, il était prévu d'en installer 150 dans l'une des ailes du bâtiment Blue Star à Haren, à côté de la Porte d'Ulysse. Ce bâtiment qui appartient à Citydev héberge déjà chaque jour 350 personnes migrantes depuis le printemps 2017. Pour élargir le dispositif, l'aile en question doit être remise aux normes mais après le passage des pompiers vendredi dernier, le constat est clair: l'investissement est trop lourd alors que la Porte d'Ulysse est sur le départ.   

"Les travaux que l'on devrait réaliser pour mettre le bâtiment aux normes de sécurité sont trop importants et seraient réalisés dans des délais trop longs", explique Mehdi Kassou de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. "Et puis il y a des problèmes d'ordre technique; la chaudière, la quincaillerie, la plomberie, toute une série d'éléments qui aurait pu être mis en place si nous avions le projet d'y rester pour plus longtemps. Mais ici, avec un départ supposé au 31 mars, entamer les travaux, passer les marchés etc, nous conduit quasiment au 31 mars... Donc c'est impossible". Trop d'investissements et des délais trop longs. Alors que le contrat d'occupation précaire se termine fin mars. Ce bâtiment doit accueillir l'école régionale des métiers de la sécurité. 

Ces nouvelles places sont pourtant nécessaires selon les acteurs du secteur parce que les dispositifs sont à saturation depuis décembre : "Tous les matins, on recense dans le quartier Nord entre 90 et 150 personnes qui dorment dehors depuis le mois de décembre", explique Mehdi Kassou. "Ce qui nous fait le plus peur, c'est que jusqu'ici l'hiver a été relativement clément. Mais si demain, on devait être confronté à de grands froids, on se retrouverait dans une situation qui pourrait être dramatique parce que l'on a théoriquement là maintenant pas de solutions pour pouvoir accueillir ces personnes-là". 

Une solution structurelle 

Le plan imaginé est donc tombé à l'eau. Et d'après nos informations, il n'y a pas vraiment d'autres pistes sur la table. La possibilité d'agrandir la Porte d'Ulysse sur son propre site était 'confortable' car il y avait par exemple déjà des infrastructures de départ, comme une cuisine etc. Bref, il ne s'agit pas seulement de retrouver des murs.

Du côté du cabinet d'Alain Maron, le ministre bruxellois en charge de l'action sociale, on explique "qu'il s'agit d'un contretemps dont on se serait bien passé. Nous n'avions aucune information laissant penser que le bâtiment ne serait in fine pas jugé adéquat par les pompiers. Comme vous le savez, la Région est à la recherche d'une solution plus durable pour abriter l'ensemble des transmigrants. Nous allons faire notre maximum pour raccourcir les délais".

La priorité est effectivement de finaliser l'accord autour du bâtiment BeTV situé à Schaerbeek pour que la Porte d'Ulysse puisse y déménager fin mars. La capacité de ce bâtiment-là est de 450 places, 100 de plus qu'à Haren. 
 

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