Bruxelles: le piteux état de la rue de la Loi (galerie-photos)

Un poteau défoncé et rafistolé.
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Un poteau défoncé et rafistolé. - © Karim Fadoul

La Région bruxelloise prend-t-elle encore soin de sa rue de la Loi? La longue portion comprise entre Schuman et Arts-Loi laisse nettement à désirer. Il suffit de s'y promener à pied pour découvrir l'ampleur du désastre. La RTBF y a passé quelques minutes et a pu constater les dégâts, photos à l'appui: luminaires défoncés ou défectueux, boîtiers électriques ouverts ou rafistolés, barrières désaxées, poteaux courbés ou carrément arrachés, inox de l'équipement urbain tâché, autocollants revendicatifs à profusion, tags sur plusieurs feux de signalisation, panneaux de route pliés, pavés déchaussés...

7300 euros le luminaire

Un véritable désastre quant on sait que l'artère a été remise à neuf il y a une dizaine d'années à peine et que certains de ces équipements ont coûté cher et vilain. En 2004, une polémique naissait suite au tarif des luminaires, conçus spécialement pour la rue de la Loi: 7300 euros la pièce pour une centaine installés. Un choix que l'on devait à l'époque aux responsables de l'AED (ex-Bruxelles Mobilité) et au ministre des Travaux publics Feu Jos Chabert (CD&V). Ceux-ci avaient opté pour un modèle signé de l'artiste français Patrick Rimoux. Mais très vite, ces luminaires avaient montré des faiblesses puisque des tâches brunâtres étaient apparues en raison de la pollution.

Des incidents signalés depuis plusieurs mois

En 2017, le souci n'est plus le coût du mobilier mais son état et son entretien. Lorsqu'on jette un oeil au site Fix my street, qui permet à chaque citoyen de signaler à Bruxelles Mobilité tout incident dans l'espace public bruxellois, plusieurs dégâts constatés aujourd'hui par la RTBF l'ont déjà été par les citoyens il y a plusieurs mois (comme le luminaire dont il ne reste que la souche). Mais aucune réparation n'a, semble-t-il, été entreprise. Cela saute aux yeux: aucun nettoyage n'a également été réalisé. La faute au manque de moyens de l'administration régionale des travaux? Le trafic routier toujours plus dense avec les risques d'accidents affectant le mobilier? Les manifestations dans le quartier européen débordant sur la rue de Loi avec leurs lots de dégâts?

Un nouveau cahier des charges

Du côté de Bruxelles-Mobilité, on reconnaît que l'état général n'est pas parfait. Mais on insiste: des mesures sont prises tenant compte du statut de la rue de la Loi: une artère régionale sur laquelle circulent 40 000 véhicules chaque jour. En matière de mobilier urbain, "pour l’instant, nous intervenons quand il est descellé ou manquant dans le cadre de la réparation des dégâts d’accident", indique Camille Thiry, porte-parole. "Mais nous sommes actuellement en train de rédiger un nouveau cahier de charges pour améliorer notre service au niveau du petit entretien du mobilier."

Pour ce qui relève des feux de signalisation tricolores, ceux-ci "font l’objet d’un entretien préventif annuel: le dernier est passé au mois de mai 2016 et le prochain est prévu en juin 2017. Les petits désordres sont réparés à cette occasion. Nous pouvons envoyer une équipe enlever tags et collants mais nous savons d’expérience qu’ils reviennent vite."

Quid des luminaires, abîmés par les automobilistes? "Les poteaux coûtent très chers et prennent du temps à être fabriqués. Mais, c’est en cours." Comme Bruxelles Mobilité ne dispose pas de stock, la commande se fait à la pièce. D'où un tarif plus élevé, soit 20 000 euros, qui tient aussi compte du prix des matières premières qui a augmenté depuis dix ans. Les pavés descellés, eux, sont enlevés précise encore Bruxelles-Mobilité.

Sur place, nous avons également constaté un boitier manquant au niveau d'un feu tricolore. "Nous avons enlevé le bouton-poussoir pour piétons car le feu vert vient désormais systématiquement dans le cycle et plus sur appel", précise Camille Thiry. Reste que le résultat fait négligé.

Pour le concepteur de la rue de la Loi, "l'état n'est pas génial"

Pour Patrick Rimoux, le concepteur du mobilier urbain de la rue de la Loi, l'état général "n'est pas génial, même si bon nombre de dégâts semblent liés à des accidents routiers. Sans oublier les affres du temps. Mais c'est dommage que ce qui a été conçu à l'origine n'ait pas pu être maintenu, d'autant que nous sommes ici dans une entrée de ville." Celui-ci suggère la constitution de stocks afin de répondre aux besoins urgents en matière de remplacement de luminaires.

Patrick Rimoux rappelle le concept qui prévalait dans son esprit au moment de la conception de ses luminaires. "J'avais conçu ces poteaux comme des barres lumineuses à destination des automobilistes tentés de rouler un peu trop vite sur cette autoroute urbaine. A vive allure, la luminosité perturbe la perception de l'automobiliste. Alors que lorsqu'on roule à vitesse raisonnable, la perception du décor lumineux devient plus agréable."

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